La République démocratique du Congo abrite de nombreuses ressources, parmi lesquelles le cuivre, le cobalt, et le lithium, permettant au pays de jouer un rôle d’importance dans la transition énergétique internationale.

Conscients du potentiel de la République démocratique du Congo, les investisseurs chinois sécurisent son approvisionnement.

Au Congo, AVZ Minerals vient de conclure un accord d’au moins 240 millions de dollars (216 millions d’euros) pour la construction du projet de lithium Manono. Le 27 septembre, la compagnie minière australienne a précisé que son nouvel investisseur est Suzhou CATH Energy Technologies. Il s’agit d’une entreprise chinoise détenue par le milliardaire Pei Zhenhua et sa compagnie Contemporary Amperex (CATL).

Selon les termes de l’accord, CATH prendra un intérêt de 24% dans le projet Manono en échange de son investissement initial, ce qui laisse AVZ Minerals comme actionnaire majoritaire avec 51%. Les 25% restant sont détenus par l’Etat congolais, via la société Cominiere.

Par ailleurs, en tant que partenaire du projet, CATH apportera sa quote-part du reste du capital initial nécessaire à la construction de la mine de lithium Manono, et des dépenses supplémentaires pour agrandir le projet.

«Nous sommes ravis de conclure cet accord avec quelqu’un du calibre de M. Pei et de CATL qui ont tous deux la capacité financière, l’expertise technique et la crédibilité au sein de l’industrie de la conversion du lithium et des batteries lithium-ion pour compléter le projet de classe mondiale Manono», a expliqué Nigel Ferguson, DG d’AVZ, auprès de l’Agence Ecofin.

La société chinoise Yibin Tianyi, également actionnaire d’AVZ, va céder à CATH son contrat de vente de lithium conclu plus tôt cette année. CATH aura alors accès à la production de spodumène de lithium (SC6) sur toute la durée de vie du projet, au lieu du contrat de 5 ans initialement prévu.

La société chinoise pourra aussi conclure un accord de prélèvement pour le sulfate de lithium primaire de la cité de  Manono.

Les parties ont enfin convenu de mener une étude visant à faire passer la production annuelle de SC6 de 700 000 tonnes à 1 million de tonnes, ce qui permettra à CATH d’acquérir au moins 500 000 tonnes de spodumène de lithium.

Tous les détails de cet accord restent soumis à une décision finale d’investissement pour les autorités de Manono, à l’octroi d’un permis minier pour le projet et aux autres approbations nécessaires.

Il s’agit du second projet majeur de lithium du continent africain, auquel prend part activement la Chine, après celui de Goulamina (Mali) avec la soiété Ganfeng Lithium. C’est également le deuxième projet congolais dans lequel la compagnie chinoise CATL prend des intérêts en quelques mois, après son arrivée en avril comme partenaire dans la mine de cuivre-cobalt Kisanfu.