Présidente de la COP15, la Chine a tenté de lever les divergences le 18 décembre à Montréal, en proposant un compromis aux 196 États membres de la Convention.

Les négociations sur un accord mondial visant à enrayer l’érosion du vivant doivent s’achever ce 19 décembre. Le projet cadre, baptisé Kunming-Montréal, (en référence aux deux villes, en Chine et au Canada, où s’est tenue la Conférence) a été examiné par les délégations, puis amendé et adopté en assemblée plénière.

Notant que «la biodiversité est fondamentale pour le bien-être humain, la santé de la planète et la prospérité économique de tous», le texte reprend 23 actions «urgentes» à entreprendre pour «stopper et inverser la perte de biodiversité» d’ici à 2030.

Ces objectifs emblématiques inclus dans le texte initial sont : protection de 30% de la surface terrestre et maritime mondiale, en particulier les zones de grande importance pour la biodiversité; restauration de 30% des écosystèmes dégradés; réduction de moitié des risques causés par les pesticides et produits chimiques dangereux; atténuation des impacts du changement climatique par la mise en œuvre de solutions fondées sur la nature…

D’autres ambitions chiffrées ont en revanche été atténuées ou retirées, telles que la diminution du rythme d’extinction des espèces ou l’accroissement de l’abondance des populations d’animaux sauvages.

Le financement des mesures de protection, sur lequel se sont cristallisées les tensions ces derniers jours, devra être accru «substantiellement et progressivement». Le document fixe à 20 milliards de dollars d’ici 2025, puis 30 milliards d’ici 2050, le montant de l’aide annuelle que devront verser les pays du Nord et les pays émergents volontaires aux pays en voie de développement. Ces pays demandaient 100 milliards de dollars par an en vertu de leur moindre responsabilité dans la crise actuelle de la biodiversité.

Le texte tient à tenir un principe d’«équité intergénérationnelle», visant à ne pas compromettre la capacité des générations futures à subvenir à leurs besoins. Il pointe aussi le rôle des peuples autochtones et des communautés locales comme partenaires de la conservation. Les peuples et communautés doivent en particulier être associés aux prises de décision sur les aires protégées.

Le projet d’accord «encourage» les Etats à soumettre leurs stratégies nationales, déclinant les objectifs du cadre mondial pour la biodiversité, avant la prochaine COP de 2024 en Turquie. Un mécanisme de suivi et de revue d’ici 2030 est prévu.