Wu Peng, chef du Département des affaires africaines du ministère chinois des Affaires étrangères, a rejeté l’accusation selon laquelle la Chine avait créé un « piège de la dette pour les pays africains », d’après l’agence de presse, Xinhua.

« L’accusation est un cliché et a été réfutée par un large éventail de recherches menées par des gouvernements, chercheurs et instituts à travers le monde », a indiqué Wu Peng, lors d’une conférence de presse.

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Ce dernier a indiqué qu’« aucun pays en développement n’est tombé dans le soi-disant piège de la dette en raison des prêts chinois », ajoutant que « le développement était la solution à la question de la dette des pays africains ».

Selon l’institut américain AidData, les pays en développement auraient une « dette cachée » de 385 milliards de dollars (environ 330 milliards d’euros) envers la Chine. Dans un rapport publié le 29 septembre, l’institut de recherche américain a indiqué que de 2013 à 2017, Pékin aurait dépensé en moyenne près de 85,4 milliards de dollars par an dans des projets d’infrastructures à travers le monde.

Selon les estimations d’AidData, les dettes de 23 pays africains vis-à-vis de Pékin et des institutions de financement chinoises dépassent désormais 10% de leur PIB. Parmi les 154 pays à revenu faible ou intermédiaire, 57 % (soit 88 pays) ont sous déclaré leur niveau d’exposition à la dette chinoise à la Banque mondiale.

De 2000 à 2012, la sous-déclaration annuelle des obligations de remboursement des créanciers était de 13 milliards de dollars, mais, depuis la mise en œuvre du programme de Pékin, ce chiffre s’est élevé à 40 milliards de dollars chaque année.

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Pour Wu Peng, ces dernières années, « les pays africains se sont efforcés de stimuler le développement social, néanmoins, les manques de financement constituent un goulot d’étranglement majeur pesant sur le développement de l’Afrique ».

En tant qu’amie véritable de l’Afrique, la Chine prend en compte sérieusement les besoins financiers des pays africains, tout en attachant une grande attention à la viabilité de leurs dettes, a assuré ce dernier.

Il a indiqué que « la Chine avait soutenu la décision d’alléger le fardeau de la dette des pays africains et avait mis en oeuvre activement l’Initiative de suspension du service de la dette du G20 pour les pays les plus pauvres. Le pays présente le montant de report des dettes le plus élevé parmi les membres du G20 ».

Sur fond de pandémie de COVID-19, la Chine a annoncé l’annulation des dettes de 15 pays africains sous forme de prêts gouvernementaux à taux zéro arrivant à échéance fin 2020, a déclaré le chef du Département des affaires africaines du ministère chinois des Affaires étrangères.

De son côté, Wu Jianghao, l’assistant du ministre des Affaires étrangères a souligné que « les pays en développement ont besoin de se développer, et le développement nécessite de l’argent ».

« On ne peut pas dire que seuls les prêts accordés par le passé par les pays occidentaux sont des aides au développement, alors que les prêts accordés par la Chine sont maintenant appelés ‘pièges de la dette' », a-t-il déclaré, ajoutant que cette logique était indéfendable.

« L’accusation de piège de la dette est fabriquée par les gouvernements et les médias des pays occidentaux », selon Wu Jianghao, appelant à une vision plus juste et plus équilibrée de la question.