La région de la Corne de l’Afrique est sous pression entre le conflit en Éthiopie, les élections retardées en Somalie ou encore les attaques djihadistes au Kenya et au Mozambique. Raisons pour lesquelles, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a annoncé que la Chine nommera un envoyé spécial dans la région de la Corne de l’Afrique.

Le chef de la diplomatie chinoise a entamé une tournée africaine en Érythrée, au Kenya puis aux Comores, et a affirmé que la Chine voulait ainsi encourager le dialogue face aux défis de paix et de sécurité.

Pour cela, la Chine va nommer un envoyé spécial pour la Corne de l’Afrique, a annoncé ce 6 janvier au Kenya le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, marquant la volonté de la Chine de s’impliquer diplomatiquement dans cette région en proie à divers conflits.

«Nous allons continuer à jouer un rôle encore plus grand pour la paix et la stabilité de la région», a-t-il déclaré. Ce dernier est sur les traces du secrétaire d’État américain Antony Blinken lors de la visite qu’il a effectuée en novembre sur le continent. Le diplomate américain souhaitait contrer l’influence grandissante de la Chine en Afrique.

Wang Yi n’a donné aucun détail sur le rôle potentiel de l’envoyé spécial ni sur la date de son arrivée sur le terrain.

Cette annonce intervient avec l’arrivée de l’envoyé spécial américain pour la Corne de l’Afrique, Jeffrey Feltman, attendu le 6 janvier en Éthiopie, qui fait face à plus d’un an de guerre opposant l’armée fédérale aux rebelles du Tigré.

Selon le département d’État, Jeffrey Feltman va tenter une nouvelle fois d’amener les belligérants à la table des négociations, sur fond d’accalmie dans les combats. Cependant, les États-Unis ont provoqué la colère de l’Éthiopie en retirant cette semaine le pays d’un important accord commercial, l’AGOA, en raison des atteintes aux droits humains commises dans le cadre de la guerre.

Washington a imposé des sanctions contre l’Érythrée en 2020 pour son implication dans le conflit au Tigré, qui a fait des milliers de morts et généré une crise humanitaire. Les États-Unis ont aussi demandé à Asmara de retirer ses troupes du Tigré, où elles combattaient aux côtés de l’armée fédérale. Les soldats des deux pays y ont été accusés de massacres de civils et de viols de masse.

De son coté, Wang Yi a exprimé à Asmara l’opposition de la Chine aux sanctions américaines contre l’Érythrée, et aux interférences dans les «affaires internes d’autres pays sous le prétexte de la démocratie et des droits humains».

Pour le ministre chinois des Affaires étrangères les conflits dans la Corne de l’Afrique entravent «l’énorme potentiel de développement» de la région et qu’«une telle situation ne devrait pas se poursuivre».

Il a également exhorté les pays de la Corne de l’Afrique à «résoudre diverses différences ethniques, religieuses et régionales d’une manière africaine».

La région est également menacée par l’instabilité au Soudan du Sud, au Mozambique et en Somalie, où le gouvernement du président Mohamed Abdullahi Mohamed tente d’organiser les élections repoussées depuis presque un an.

La Chine, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, a été accusée en partie d’avoir bloqué l’action contre la guerre en Éthiopie que certains autres membres ont demandée.