La Chine rêve de dominer le secteur de l’intelligence artificielle (IA) avant la fin de la décennie. En attendant, le ministère chargé de la Science et de la Technologie a publié un ensemble de lignes directrices, nommé «Spécifications éthiques de l’intelligence artificielle de nouvelle génération», qui met en avant la protection des utilisateurs et dicte six grandes lignes de conduite pour une IA éthique.

Ces règles imposent aux systèmes d’intelligence artificielle, qu’ils soient sous contrôle permanent de l’homme et restent à son service. Ces outils doivent mener à améliorer la condition humaine, protéger les données privées, respecter les intérêts fondamentaux de l’humanité, etc. Ces directrices interdisent par ailleurs aux IA de se livrer à des activités illégales ou mettant en danger la «sécurité nationale».

«La Chine n’en fait pas plus que les autres pour réglementer l’IA. Elle avance juste autrement», a expliqué Laurence Devillers, professeur en IA et éthique à l’Université de la Sorbonne.

La Chine choisit une approche «autoritaire» et limite les possibilités des utilisateurs comme des entreprises. «Il vaut mieux promouvoir une déontologie des industriels et une responsabilité des usagers», a indiqué la chercheuse qui co-pilote un groupe d’experts à l’association Française de Normalisation, sur l’éthique de l’IA.

Depuis plusieurs mois, la Chine s’attaque frontalement à ses géants de la Tech. Pékin régule lourdement les activités d’entreprises dont le modèle repose sur la collecte et l’exploitation de données personnelles grâce à l’intelligence artificielle.

La China a ainsi décidé de mettre en place un règlement pour la protection des données sur internet, l’équivalent du RGPD européen.

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L’objectif à moyen terme serait de réguler les algorithmes, représentant une menace pour «la sécurité intérieure, l’ordre social et l’ordre économique», comme l’a expliqué l’autorité chargée du cyberespace.

Pékin souhaite supprimer tout algorithme nuisible pour les individus comme ceux poussant le consommateur à dépenser davantage sur les sites d’e-commerce. Les plateformes devront ainsi expliquer aux consommateurs le fonctionnement de leurs outils de recommandations et permettre aux internautes de les refuser.

Concernant les réseaux sociaux, les systèmes peuvent influencer l’opinion publique et seront donc contraints d’obtenir une autorisation administrative.