La Conférence pour l’interaction et les mesures de confiance en Asie (CICA) est un forum inter-gouvernemental, destiné à renforcer la coopération pour promouvoir la paix sur la base de confiance entre les États asiatiques. Comparé à l’OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe), la CICA connait un regain d’intérêt par les pays d’Asie centrale.

Initiative de l’ancien président kazakh Noursoultan Nazarbayev, la CICA a été présenté au 47e Session de l’Assemblée Générale de l’ONU le 5 octobre 1992, puis lancé l’année suivante. Cependant, la 1ère rencontre ministérielle, n’a eu lieu que le 14 septembre 1999, à Almaty au Kazakhstan, par la suite, la seconde réunions et les deux premiers sommets se sont déroulés dans la même ville.

Le forum attire de nombreux observateurs extérieurs, tels que États-Unis, Indonésie, Japon, Malaisie, Sri Lanka, Ukraine, dont les objectifs principaux sont la paix, la sécurité et la stabilité en Asie qui sont liées à ceux du monde. Les pays membres de cette organisation représentent près de 90% du territoire asiatique : Afghanistan, Azerbaïdjan, Bahreïn, Bangladesh, Cambodge, Chine, Corée du Sud, Égypte, Émirats arabes unis, Inde, Iran, Irak, Israël, Jordanie, Kazakhstan, Kirghizistan, Mongolie, Ouzbékistan, Pakistan, Palestine, Qatar, Russie, Tadjikistan, Thaïlande, Turquie et Viêt Nam.

Membres de la CICA au grand complet

Membres de la CICA au grand complet

La CICA est la seule organisation internationale réunissant autant de pays asiatiques, mais surtout elle est composé de l’ensemble des puissances nucléaires du continent, sauf a Corée du Nord.

Il aura fallu attendre 10 ans pour réunir l’ensemble des membres dans un 1er sommet, organisé à Almaty, le 4 juin 2002. A cette occasion, les principes fondamentaux de la CICA ont été défini :

  • Égalité souveraine, respect des droits inhérents à la souveraineté ;
  • Non recours à la menace ou à la force ;
  • Intégrité territoriale des États membre ;
  • Règlement pacifique des différends ;
  • Non ingérence dans les affaires intérieures ;
  • Contrôle du désarmement et des armes
  • Coopération économique, sociale et culturelle ;
  • Respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales…

Dans la déclaration sur les principes guidant les relations entre les États-membres de la CICA, les pays ont « réaffirmé leur objectif de promouvoir de meilleures relations entre eux et d’assurer des conditions dans lesquelles leurs peuples pourront vivre dans la paix véritable et durable, libre de toute menace à leur sécurité ».

D’ailleurs, dans cette ligne directrice, les États-membres ont établi une série d’objectifs :

  • renforcer la coopération grâce à l’élaboration d’approches multilatérales visant à promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité en Asie;
  • éradiquer la menace du terrorisme sous toutes ses formes et manifestations;
  • lutter contre la production de drogues illicites et le trafic;
  • promouvoir le commerce et la coopération économique pour la prospérité et la stabilité en Asie;
  • promouvoir la coopération sur toutes les questions relatives à l’environnement;
  • la prévention de la prolifération et de l’élimination définitive des armes de destruction massive;
  • élaborer des mesures pour résoudre les problèmes humanitaires;
  • promouvoir le respect mutuel, la compréhension et la tolérance dans les relations entre les civilisations;
  • faciliter la mise en œuvre des mesures de confiance entre les États membres.

Emmanuel Dupuy, Président de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE) et Akhmed Rakhmanov, chercheur au sein de l’IPSE, la création d’une telle organisation est indispensable. Toutefois, pour les deux universitaires, la CICA n’est pas « une organisation anti-occidentale servant un isolationnisme asiatique ». D’autant plus que « l’Asie n’est pas divisée en deux camps idéologique et politique. Au contraire, l’Asie regroupe des pays idéologiquement et politiquement hétérogènes ».

xi jiping cica 2016Présidente de la CICA (2014-2016), la Chine a réitéré, le 28 avril lors de la 5ème rencontre des ministres des affaires étrangères, « la nécessité de poursuivre une approche communautaire, générale, coopérative et durable de la sécurité en Asie, afin d’instaurer un modèle de gestion sécuritaire aux caractéristiques asiatiques ».

Depuis deux ans, le président Xi Jinping propose l’approfondissement « des coopérations sur la sécurité et des mesures de confiance dans les domaines militaire, politique, économique, culturel et environnemental, ainsi qu’en matière de réponse aux menaces et défis nouveaux ».  

En effet, pour Emmanuel Dupuy et Akhmed Rakhmanov, « l’Asie reste le foyer de plusieurs facteurs de tensions, comme le terrorisme, la prolifération des armes nucléaires, la production et l’exportation de stupéfiants, la pauvreté, sans oublier aussi les affrontements interétatiques et interethniques ».