La construction du pont qui relie Hong Kong, Macao et la ville de Zhuhai, au sud de la Chine continentale, vient d’être terminée. L’édifice est désormais le plus grand pont maritime du monde, mais aussi un sujet de contestation de la part des pro-démocrates.

Zhang Jinwen, ingénieur principal à l’origine de cette réalisation, a expliqué à SputnikNews que «tous les travaux y sont terminés. Tout au long de la construction de ce pont, d’étroites consultations ont été menées avec des entreprises de 11 pays et plus d’une centaine de spécialistes étrangers sont venus sur le chantier pour faire part de leur expérience».

Une construction gigantesque pour un ouvrage gigantesque

Long de 54 kilomètres, le pont a nécessité 420 000 tonnes d’acier pour sa construction et «à certains moments, jusqu’à 20 000 ingénieurs y travaillaient en même temps, alors que des technologies inédites y ont été utilisées», a indiqué l’ingénieur.

Et d’ajouter que la réalisation de ce pont relevait du summum des connaissances en la matière. En effet, ce pont, large de 34 mètres, comporte six voies, et quatre tunnels, dont l’un sous-marin et devrait permettre de réduire de moitié le temps de trajet entre Hong Kong, Zhuhai et Macao.

Pour rendre sa construction possible, quatre îles artificielles ont été conçues dans le but de soutenir la monstrueuse structure du pont. Dans l’ensemble, les travaux auront duré près de 7 ans, et coûté 15 milliards de dollars (12,3 milliards d’euros).

D’après Zhang Jinwen, l’année dernière, le pont a passé sa première épreuve avec succès lors du passage en août du typhon Hato, qui s’est abattu sur la Chine méridionale avec des  rafales de vent atteignant une vitesse de 155 km/h.

«Dès le petit matin, j’ai couru sur le quai. Je savais bien que le pont devait tenir, car nous l’avons projeté pour qu’il puisse résister à un séisme de magnitude 8 et à un typhon de 16 degrés. Quoi qu’il en soit, j’ai éprouvé de fortes émotions», a souligné Zhang Jinwen.

Réservé aux automobilistes, il devrait être emprunté chaque jour par près de 40 000 véhicules, ainsi que par des navettes circulant toutes les dix minutes. Pour les autorités chinoise et hongkongaise, cette liaison terrestre va doper les échanges commerciaux entre les deux rives du Détroit. Mais pour les opposants du projet, c’est une tentative de plus de la Chine continentale d’accroître son emprise sur l’ancienne île britannique.

Les pro-démocrates hongkongais contre cette nouvelle infrastructure

Pour le député pro-démocratie Kwok Ka-ki, qui siège au sein de la commission des Transports, Beijing «tente de brouiller les frontières entre Hong Kong et le reste de la Chine continentale».

Ce dernier et sa collègue Claudia Mo s’accordent pour dire, auprès de l’Agence France Presse, que «Hong Kong n’en a pas vraiment besoin. Nous avons des liaisons aériennes, terrestres et maritimes avec la Chine continentale».

Cette dernière a indiqué que «pour Beijing, c’est un lien symbolique gigantesque avec Hong Kong». D’autant que le pont entre dans le cadre d u «Greater Bay Area», projet de développement d’un vaste pôle économique entre 11 villes de la zone, dont Hong Kong, Macao, Shanzhen ou Canton.

Le pont s’intègre aussi à l’initiative des Nouvelles routes de la Soie de Xi Jinping, plan d’infrastructure piloté par la Chine à travers l’Asie, et jusqu’en Europe et en Afrique.

L’éditorialiste Stephen Vines a pour sa part assuré que «la liaison Hong Kong-Macao est avant tout un calcul politique, non seulement de Pékin, mais aussi des autorités hongkongaises». Pour ce dernier, «les dirigeants de Hong Kong veulent prouver leur loyauté envers Pékin».

Hong Kong, Zhuhai et Macao bientôt reliés