La deuxième économie mondiale a enregistré une croissance de 7,9% au second trimestre 2021, poursuivant son «redressement», selon les chiffres dévoilés par le Bureau d’Etat des statistiques (BES).

Selon les données du BES, le PIB de la Chine a augmenté de 12,7% en glissement annuel sur les six premiers mois de l’année 2021 pour atteindre 53200 milliards de yuans (8200 milliards de dollars). Sur une base moyenne de deux ans, le PIB de la Chine a augmenté de 5,3%, tirée par ses exportations et sa production industrielle.

Le secteur industriel reste robuste, mais les consommateurs et investisseurs restent prudents dans un contexte international toujours plombé par la pandémie.

Entre avril et juin 2021, le PIB de la Chine a progressé de 1,3% par rapport au premier trimestre, maintenant une reprise modérée tirée par son secteur industriel, dans un contexte marqué par de «nombreuses incertitudes externes» a indiqué le BES.

Alors que les chinois ont retrouvé une vie normale, les ventes de détails progressent à 13,9% au second trimestre, mais freinent en juin à 12,1% par rapport au mois précédent. La production industrielle s’est également ralentie le mois dernier à 8,3% contre 8,8 en mai.

«La stratégie de Pékin est l’inverse de celle de Washington. Joe Biden tente la relance par la demande, alors que la Chine mise sur son offre industrielle» a expliqué Zhang Lin, économiste indépendant à Beijing au journal français, Le Figaro.

La Chine poursuit son redressement pas à pas, espérant profiter de la reprise de ses grands partenaires commerciaux. Mais les effets du Covid-19 pèsent toujours sur l’économie intérieure, incitant les classes moyennes à la prudence, sur fond de tensions géopolitique sino-américaines.

«La production s’est redressée rapidement, surtout celles des entreprises publiques, mais la demande intérieure est relativement faible. Les entreprises hésitent à investir, tout comme les gouvernements locaux mettent le frein sur les projets d’infrastructures. Et les habitants sont réticents à dépenser» a expliqué Zhang Lin, économiste à l’ancien think tank Unirule.

Dans sa note, le Bureau d’Etat des Statistiques a indiqué que «cette croissance est considérée par les économistes chinois comme un ‘miracle’, compte tenu de la vitesse, de l’ampleur et de la durabilité de la transition de la Chine, qui a réussi à passer de la situation épidémique du début de 2020 à la situation économique actuelle, bien qu’ils aient également rappelé les incertitudes auxquelles la Chine est confrontée, telles que la hausse des prix des matières premières et les risques externes de pandémie, alors que des signes de ralentissement de la croissance sont apparus».

Ces résultats devraient permettre à la Chine de tenir largement son objectif de 6% de croissance sur l’année 2021 annoncé en mars 2021 par le premier ministre Li Keqiang, et considéré prudent par les économistes.

Pour l’ancien économiste en chef du BNS, Yao Jingyuan, «la croissance régulière au cours de la période janvier-juin indiquait que la Chine serait en mesure d’atteindre tous les objectifs économiques qu’elle a fixés au début de l’année».

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La Chine souhaite réduire sa dépendance à une croissance soutenue par des investissements publics massifs, souvent à perte, sur fond d’augmentation de la dette des entreprises et gouvernements locaux, et vieillissement de la population.

La Chine devrait décrocher une croissance annuelle d’environ 8% prédisent les économistes, allant jusqu’à 8,4% selon le FMI.

«La reprise de la Chine après le COVID-19 continue de prendre de l’ampleur», selon les données du Bureau national des statistiques (BNS). L’économie a bondi de 7,9% au deuxième trimestre, ralentissant par rapport aux 18,3% enregistré de janvier à mars 2021. En termes de moyenne sur deux ans, la croissance du deuxième trimestre a atteint 5,5%, dépassant la croissance de 5% du premier trimestre.

«Cette croissance montre que l’économie chinoise s’est principalement sortie des impacts du coronavirus et est déjà revenue aux niveaux d’avant COVID-19», a affirmé Dong Dengxin, directeur de l’Institut des finances et des valeurs mobilières de l’Université de Wuhan.

L’économie chinoise donnera également un élan à la croissance mondiale post-coronavirus, selon le BES. Des experts ont dit s’attendre à ce que la Chine contribue pour environ 1,4 point de pourcentage à la croissance du PIB mondial cette année, étant le deuxième moteur économique après les États-Unis pour la reprise économique mondiale.