Le Commandement du théâtre Sud de l’APL a mené des patrouilles de routine en mer de Chine méridionale au cours du week-end, a déclaré un porte-parole. Dans un communiqué publié le 29 juin, Zhai Shichen, porte-parole du commandement, a indiqué que les forces navales et aériennes avaient effectué des patrouilles de routine dans la zone entre samedi et dimanche.
Ce dernier a indiqué que les Philippines ont semé le trouble en mer de Chine méridionale, compromettant la paix et la stabilité régionales, en impliquant des pays extérieurs à la région pour mener de prétendues patrouilles conjointes. « Le Commandement du théâtre Sud défendra résolument la souveraineté territoriale nationale ainsi que les droits et intérêts maritimes des Philippines et maintiendra fermement la paix et la stabilité régionales« , a ajouté Zhai Shichen.
Cette patrouille intervient après les propos vivement critiqués de Gilberto Teodoro, ministre philippin de la défense, qui a adopté une position très ferme à l’égard de la Chine, en particulier concernant les différends en mer de Chine méridionale.
Qu’est-ce qu’a dit Gilberto Teodoro ?
Gilberto Teodoro, ministre philippin de la défense, a adopté une position très ferme à l’égard de la Chine, en particulier concernant les différends en mer de Chine méridionale. Lors d’un discours prononcé le 24 mars à l’occasion du 49e anniversaire du Commandement occidental des forces armées philippines, chargé de la mer de Chine méridionale, il a déclaré que les actions de Pékin dans les zones maritimes contestées représentaient une menace sérieuse pour la souveraineté et la sécurité des Philippines. Selon lui, les activités chinoises dans ces eaux compromettent la stabilité régionale et portent atteinte aux droits souverains de son pays.
Le ministre philippin a aussi vivement critiqué les revendications territoriales de la Chine fondées sur la « ligne en neuf traits ». Il avait affirmé qu’aucun pays membre de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) n’acceptait la carte publiée pour la première fois par la Chine en 1947 pour étayer ses revendications de souveraineté dans cette zone.
Il a qualifié cette carte de « plus grande fiction et plus grand mensonge que l’on puisse faire accepter à une personne dotée de raison », estimant qu’elle ne repose sur aucun fondement juridique reconnu par le droit international. Il a rappelé que les Philippines défendent le respect de la Organisation des Nations unies et de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer pour résoudre les différends maritimes.
La Chine sanctionne
A la suite de ces propos, la Chine a annoncé début juin qu’elle imposerait des sanctions au ministre philippin de la Défense, Gilberto Teodoro, en raison de ses « déclarations irresponsables », a indiqué le ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué.
Selon Pékin, ces déclarations ont porté atteinte aux intérêts légitimes de la Chine et nui aux relations sino-philippines. Le ministère a précisé que Gilberto Teodoro, son épouse et son enfant se verront interdire l’entrée en Chine continentale ainsi que dans les Régions administratives spéciales de Hong Kong et de Macao. Les personnes physiques et morales chinoises ne seront par ailleurs pas autorisées à entretenir des relations commerciales, de coopération ou toute autre forme d’activité avec lui et sa famille.
Les récentes déclarations du ministre philippin concernant le différend de souveraineté opposant les deux pays en mer de Chine méridionale avaient retenu l’attention de la Chine. En mai, dans un entretien accordé en marge du Dialogue de Shangri-La, forum international sur la sécurité organisé à Singapour, Gilberto Teodoro avait affirmé que son pays faisait face à une « menace sérieuse de la Chine sur les plans territorial et politique« . Il avait également accusé Pékin d’être le principal obstacle à l’élaboration d’un Code de conduite entre les parties en mer de Chine méridionale.
La Chine avait alors critiqué Gilberto Teodoro, estimant qu’il ne manifestait « aucune gratitude envers la Chine« , malgré l’aide fournie par Pékin sous forme d’engrais et de carburant destinés à atténuer les effets des perturbations d’approvisionnement provoquées par les tensions dans le détroit d’Ormuz.







