Une journaliste australienne est détenue en Chine pour «divulgation de secrets d’Etat», selon Canberra, qui atteste qu’en août 2020, aucune explication n’avait été fournie depuis le placement en détention de Cheng Lei, une présentatrice australienne de la chaîne chinoise anglophone CGTN.

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Une présentatrice australienne de la chaîne chinoise anglophone CGTN a été officiellement arrêtée et accusée de «divulgation de secrets d’Etat à l’étranger», a annoncé ce 8 février Canberra, six mois après son placement en détention.

La ministre des affaires étrangères australienne, Marise Payne, a dit avoir été informée le 5 février par la Chine de l’arrestation de Cheng Lei, détenue sans aucune explication depuis août 2020.

«Les autorités chinoises ont fait savoir que Cheng Lei avait été arrêtée parce qu’elle est soupçonnée de fournir illégalement des secrets d’Etat à l’étranger», a affirmé Marise Payne dans un communiqué.

Le placement en détention de Cheng Lei, qui réalisait des interviews de chefs d’entreprises du monde entier pour des émissions de la télévision publique CGTN, avait eu lieu dans un contexte de tensions grandissantes entre la Chine et l’Australie sur la gestion du coronavirus et la situation à Hong Kong.

Les relations diplomatiques s’étaient nettement dégradées au début de l’année 2020 après l’appel lancé par Canberra pour une enquête internationale sur l’origine du nouveau coronavirus.

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L’Australie reproche aussi à la Chine son influence grandissante en Asie-Pacifique et ses ingérences présumées dans les affaires australiennes. De son côté, la Chine a pris des mesures de rétorsion économique à l’encontre de plus d’une dizaine de produits australiens, notamment l’orge, le bœuf, le vin et le charbon.

Selon Maryse Payne, des diplomates australiens ont rendu visite à la présentatrice six fois depuis son arrestation, la dernière visite remonte au 27 janvier.

«Le gouvernement australien a régulièrement fait part, au plus haut niveau, de ses graves inquiétudes concernant la détention de Mme Cheng, notamment en ce qui concerne son bien-être et ses conditions de détention», a insisté la ministre.

«Nous comptons sur le fait que les principes fondamentaux de justice, d’équité procédurale et de traitement humain soient respectés, conformément aux règles internationales», a ajouté cette dernière.

Cheng Lei est la deuxième citoyenne australienne de premier plan soupçonnée d’espionnage à être détenue par la Chine après l’arrestation de l’écrivain Yang Hengjun en janvier 2019.