La Chine a placé en détention une présentatrice australienne de la chaîne de télévision chinoise étatique CGTN, a annoncé lundi 31 août la ministre australienne des Affaires étrangères.

L’Australie a été prévenue le 14 août de la détention de Cheng Lei par les autorités chinoises, a précisé la ministre des affaires étrangères Marise Payne. Le 6 mars, la journaliste d’affaires basé à Beijing, qui a étudié à Brisbane et à Melbourne, s’est moquée du confinement mit en place à Wuhan en mars.

Le 8 mars, elle avait déclaré qu’« en Chine, la croyance ‘faites ce que je dis, pas ce que je fais’ est profondément ancrée dans la fonction publique », ajoutant que « servir le peuple disent les slogans, la réalité est le contraire ».

Selon la chaîne de télévision publique australienne ABC, Cheng Lei est actuellement détenue en «résidence surveillée dans un lieu désigné», une forme de détention qui permet aux enquêteurs d’interroger un suspect pour une durée allant jusqu’à 6 mois, sans qu’il ne soit officiellement arrêté.

Cheng Lei est la seconde citoyenne australienne de renom à être détenue par Pékin après l’arrestation en janvier 2019 de l’écrivain Yang Hengjun sur des soupçons d’espionnage.

Le ministre du Commerce, Simon Birmingham, a déclaré avoir « eu un accès consulaire par liaison vidéo le 27 août et nous continuons à fournir une assistance consulaire appropriée ».

Ce dernier a ajouté que « nous travaillons également avec sa famille, qui a publié une déclaration reconnaissant qu’elle respecte le processus, et exhortons les gens à respecter leur vie privée et à limiter les commentaires pour le moment ».

La détention de la journaliste Cheng Lei est une nouvelle escalade dans la détérioration des relations entre la Chine et l’Australie depuis 2018. Les autorités australiennes ont provoqué la fureur de la Chine il y a quelques mois pour ses demandes d’enquête sur les origines de la pandémie de Covid-19, découvert pour la première fois dans la ville chinoise de Wuhan.

Depuis, la Chine a pris des mesures pour réduire les importations australiennes et a encouragé ses étudiants et touristes à éviter l’Australie.