En novembre 2018, le président Xi Jinping a annoncé que la Bourse de Shanghai créerait un conseil pour l’innovation et la technologie. Aucune date de lancement n’a été fournie au public.

Ce nouveau conseil est une nouvelle tentative es autorités de transformer les marchés boursiers en un catalyseur d’innovation technologique. En améliorant l’accès des petites entreprises au capital, le nouveau conseil d’administration a pour objectif d’allouer une part du capital à des sociétés dont les nouveaux modèles commerciaux ou technologiques sont prometteurs.

En dépit d’un engagement ambitieux, il apparait que le conseil technique ne puisse pas aider à atteindre efficacement cet objectif. Les autres conseils technologiques lancés précédemment ont minimiser le marché depuis des années. En effet, les caractéristiques du marché sont défavorables aux actions des petites entreprises, mais les évolutions récentes font face à plusieurs défis.

Malgré cela, les autorités sont optimistes vis-à-vis du nouveau conseil. Effectivement, le plan de modernisation industrielle « Made in China 2025 » met en exergue le rôle des entreprises innovantes dans l’avenir de l’économie chinoise.

Les autorités devraient fournir en priorité à ces entreprises un soutien financier suffisant et partager leurs bénéfices avec le marché national. Selon certains rapports, la Chine a maintenant plus de licornes que les États-Unis, mais les conditions de développement ne sont pas totalement optimales dans le pays. Raison pour laquelle, ces licornes finissent par s’inscrire à l’étranger ou à Hong Kong.

Le gouvernement espère que le conseil d’administration attirera également les géants de la technologie existants à y inscrire leurs actions. Les tentatives de ramener sur le marché intérieur les actions des entreprises de technologie chinoises cotées à l’étranger, telles qu’Alibaba et Xiaomi, ont été jusqu’à aujourd’hui infructueuses.

Un rapport rédigé en collaboration par la CCPI, une banque d’investissement chinoise, indique que le marché devrait attirer un plus grand nombre d’actions étrangères. Les autorités de Beijing a élaboré des règles spéciales destinées à faire du conde ce marché seil un lieu attrayant pour les entreprises.

Les règles dictées par les différentes autorités compétentes favorisent les start-ups, leur permettant notamment d’être rapidement cotées en bourse, et d’avoir une inscription plus rapide. Les sociétés dotées de droits de vote pondérés seront désormais acceptées.

De plus, le gouvernement compte sur l’augmentation de l’investissement étranger afin d’aider à résoudre le problème de la synchronisation des cours des actions. Les recherches montrent que le cours des actions des sociétés à forte participation étrangère est plus étroitement lié aux fondamentaux du marché qu’aux fluctuations du marché.

Enfin, le gouvernement fait pression sur les banques pour qu’elles accordent plus de crédits au secteur privé, ce qui devrait également contribuer à la performance des actions du nouveau conseil d’administration.

Pour Max Karnfelt est analyste économique à l’Institut Mercator pour les études sur la Chine (MERICS), « il serait étonnant que le nouveau conseil d’administration de Shanghai n’ait pas au moins pris un bon départ. Les investisseurs chinois ont des options d’investissement limitées, le nouveau conseil sera donc bien accueilli ».

Outre, la promotion faite par le gouvernement, quelques entreprises impressionnantes devraient s’installer au conseil d’administration. « Cependant, il existe un risque important qu’une ruée initiale des investisseurs provoque une surévaluation du cours des actions et des crashs ultérieurs », a précisé l’expert.