Le Yuan législatif (Parlement) a voté le 31 décembre 2019 en dernière lecture la Loi anti-infiltration, présentée par le gouvernement de Tsai Ing-wen.

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Celui-ci considère cette loi comme « un outil permettant de sauvegarder la sécurité nationale et la démocratie taïwanaise ». De son côté, le ministère de l’Intérieur la considère comme « un mécanisme efficace de défense démocratique ».

De plus, « le texte complète la législation sur le lobbying des pouvoirs publics, les dons aux partis politiques et l’élection du président et du vice-président de la République ainsi que des autres élus ».

La loi interdit l’intervention au sein du système politique démocratique de Taïwan par des sources infiltrées – des individus, des institutions ou des organisations affiliés ou soutenus par un gouvernement, un parti politique ou un mouvement politique d’une «force étrangère hostile», a précisé le ministère de l’Intérieur.

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La loi définie une «force étrangère hostile» comme étant « un pays ou une entité politique en guerre ou engagée dans une confrontation militaire avec Taïwan, ce qui inclut la Chine mais n’est pas limité à elle ».

Ainsi, le texte précise que « tout individu ou organisation à Taïwan recevant des instructions ou un soutien financier d’une «force étrangère hostile» en vue d’influencer les élections, de lancer un référendum d’initiative populaire ou de réaliser des dons à un parti, entre autres activités politiques, sera passible d’une peine de trois à cinq ans de prison ».

Dans un communiqué publié le 31 décembre, le ministère des affaires continentales a souligné que « la campagne d’infiltration chinoise à Taïwan constitue une menace sérieuse pour la sécurité nationale, la démocratie et l’ordre social ».

De nombreux débats ont eu lieu entre le gouvernement et le parlement, ainsi qu’avec le public. D’après le ministère des Affaires continentales, « les valeurs de liberté et de démocratie sont au cœur de ce texte qui ne vise aucun groupe en particulier ni ne menace les échanges normaux entre les deux rives ».