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TAIWAN

Élection à Taïwan, la relation avec la Chine domine les débats

Les candidats à l’élection présidentielle du 11 janvier 2020 ont participé le 29 décembre à un débat télévisé, au cours duquel ils ont défendu leurs approches de la manière de traiter avec la Chine et de faire face à sa menace militaire.

(De g. à d.) La dirigeante sortante Tsai Ing-wen du PDP*, celui du PFP*, James Soong, et le candidat du KMT*, Han Kuo-yu.

Concernant les relations avec la Chine, les candidats se sont tous engagés à défendre la République de Chine et le statu quo dans le détroit de Taïwan.

Candidate à un deuxième mandat, la dirigeante Tsai Ing-wen a indiqué que son administration a cherché à conserver des échanges normaux avec la Chine sans se livrer à des provocations ni prendre de décisions dangereuses.

Pourtant, cette dernière a contacté à plusieurs reprises le président américain, Donald Trump, et ses rendu à deux reprises aux Etats-Unis, afin de s’assurer du soutien des élus américains contre la Chine.

D’après cette dernière, «le réel problème est Pékin qui essaie de faire des relations entre les deux rives un élément de marchandage politique».

Tsai Ing-wen a assuré que «la Chine utilise le Consensus de 1992 pour vider Taïwan de sa substance et il serait dangereux pour Taïwan de rechercher des gains économiques à court terme aux dépends de sa souveraineté».

De son côté, le candidat du Kuomintang (KMT) a expliqué que «le Consensus de 1992 a été forgé lors d’une rencontre intervenue cette année-là à Hong Kong entre des représentants du gouvernement qu’il dirigeait alors et des représentants des autorités de Pékin».

Le texte affirme qu’il n’y a qu’«une seule Chine», chacun conservant ses spécificités. Cette formule a été utilisée par le KMT pour promouvoir de meilleures relations avec Beijing pendant les deux mandats du président Ma Ying-jeou.

Pour le Parti démocratique progressiste (DPP)le Consensus de 1992 « n’a jamais existé et Tsai Ing-wen en a rejeté les prémisses en prenant ses fonctions en mai 2016, estimant qu’il s’agissait d’une précondition politique inacceptable posée par Beijing aux échanges à travers le Détroit ».

Lors du débat, Tsai Ing-wen a déclaré que « si les taïwanais sont unis, Beijing devra trouver un moyen de traiter avec Taïwan », estimant qu’il y avait « des chances de voir les deux rives se réconcilier dans un futur proche ».

Cette dernière a encore réaffirmé son opposition à la formule «un pays, deux systèmes» instauré à Hong Kong et Macao et avancée par le gouvernement chinois pour Taïwan. La candidate a reproché au candidat du KMT, Han Kuo-yu de ne n’avoir fait part de son opposition à cette formule que sous la contrainte de l’opinion publique.

Lors du débat, Han Kuo-yu du KMT a réaffirmé son opposition à «Un pays, deux systèmes», estimant qu’« il n’était pas nécessaire pour Taïwan d’écouter la rhétorique du dirigeant chinois Xi Jinping ».

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« La solution réside dans le système constitutionnel de la République de Chine, lequel doit être protégé », ajoutant qu’il ne fallait pas rester « prisonnier de l’idéologie en discutant des relations entre Taïwan et la Chine ».

James Soong, candidat du Parti pour le peuple (PFP), a pour sa part considéré qu’il était essentiel de « créer une forme de dialogue entre Taipei et Beijing ». « Toutefois, avant que Beijing ne fasse régner l’état de droit, Taïwan doit maintenir le statu quo et, à l’avenir, tout changement devra être approuvé par la population taïwanaise de manière démocratique », a-t-il ajouté.

  • PDP : Parti Démocrate et Progressiste
  • KMT : Kuomintang
  • PFP : Partu First People – Parti du peuple d’abord

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