Le président chinois Xi Jinping obtient un statut égal à celui de Mao
Le nom et la doctrine du numéro un chinois, Xi Jinping, ont fait leur entrée dans la charte du Parti communiste chinois.
Xi Jinping, considéré comme le dirigeant chinois le plus puissant depuis 40 ans, vient d’accroître son ascendant. Son nom et sa doctrine sont entrés dans la charte du Parti communiste chinois (PCC), lui donnant un statut égal à celui de Mao Zedong, pionnier de la République populaire de Chine.
Alors que le leader chinois sera reconduit le 25 octobre 2017 pour un nouveau mandat de cinq ans à la tête du Parti, plus de 2300 délégués réunis depuis la semaine dernière en Congrès ont approuvé l’inclusion de la « Pensée Xi Jinping du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère » dans les statuts du parti. Cette formulation, plus longue que ne l’aurait été « la pensée de Xi Jinping », limite cependant la portée de cette doctrine.
Jusqu’à maintenant, seul Mao Zedong avait eu honneur d’avoir sa «pensée» mentionnée. Deng Xiaoping, l’artisan des réformes économiques, n’avait eu droit qu’à sa «Théorie», un terme moins prestigieux. Les présidents Jiang Zemin et Hu Jintao ne sont pas nommés, même si leurs systèmes théoriques sont cités.
Xi Jinping est le seul leader avec Mao Zedong à voir son apport théorique célébré de cette façon , lors qu’il est encore en fonction. En effet, le nom de Deng Xiaoping n’était entré dans le texte de référence du PCC qu’après sa mort, en 1997.
Cette reconnaissance va donner à Xi Jinping, 64 ans, une autorité considérable. Si bien qu’il sera difficile de s’opposer à celui dont la doctrine est canonisée par le PCC. Elle pourrait aussi lui permettre de rester longtemps au pouvoir, au-delà de 2022, comme secrétaire général du PCC ou à un autre poste stratégique.
La doctrine de Xi Jinping consiste à promouvoir la «grande renaissance de la nation», après plus d’un siècle et demi d’humiliation et de troubles, de façon à faire de la Chine un pays « moderne », « puissant » et disposant d’une armée « de premier rang mondial » au milieu du siècle.
Mais pour atteindre son objectif, « tout doit être placé sous la direction du Parti: les organisations du PCC, le gouvernement, l’armée, la société civile, quel que soit l’endroit où on se trouve », a-t-il indiqué lors de son discours fleuve d’ouverture du Congrès.

