Terry Gou, le président de Foxconn, a fait part de l’éventualité pour lui de se présenter à l’élection présidentielle de 2020 à Taïwan.

Cette déclaration intervient 24h après avoir dit à l’agence de presse Reuters qu’il prévoyait de se retirer progressivement du groupe d’assemblage électronique pour permettre aux jeunes de prendre leur place.

Foxconn est le numéro un mondial de la sous-traitance électronique et le principal fabricant des iPhone d’Apple. De son côté, Terry Gou est l’homme le plus riche de Taïwan avec une fortune de 7,6 milliards de dollars (6,7 mds €) selon Forbes.

Pour le moment, ce dernier n’a pas indiqué dans quel parti politique il pourrait représenter. Mais il a assuré que s’il s’agit de l’opposition – le Kuomintang (KMT) -, il « suivrait » les procédures standard du parti. Pour l’heure, ce dernier a annonçait qu’il prendrait cette décision « dès que possible ».

A Foxconn, la direction a indiqué que Terry Gou resterait président du conseil même si il envisage de ne plus s’occuper de la gestion quotidienne de la société. L’élection présidentielle de janvier 2020 se prépare actuellement dans un climat de tension, entre Taïwan et la Chine continentale.

« 2020 est la clé pour Taiwan. La situation tendue (avec la Chine) tient au fait que c’est un tournant pour l’orientation de la politique, de l’économie et de la défense de Taiwan pour les 20 prochaines années », a déclaré Terry Gou.

Le Kuomintang a rappelé dans un communiqué que Terry Gou était membre du parti depuis plus de 50 ans. D’ailleurs, le KMT lui avait accordé en 2016 un prêt sans intérêt de 45 millions de dollars de Taiwan (1,29 million d’euros) sous le nom de sa mère, preuve de sa « loyauté » envers le parti.

Selon des observateurs, les Etats-Unis sont susceptibles d’accueillir avec prudence toute candidature de Terry Gou à la présidence. Interrogé par Reuters, Shane Lee, politologue à l’université Chang Jung de Taïwan, a expliqué que les Etats-Unis ne seraient pas « ravis de le voir se présenter parce qu’il est proche de la Chine et que, pour le moment, ils se méfient de la Chine ».