Li Rui est décédé suite à une infection pulmonaire. Assistant de Mao Zedong dans les années 1950, il deviendra l’un de ses plus fervents critiques.

Li Rui est mort 16 février à Beijing à l’âge de 101 ans, a annoncé sa famille. Il avait été admis à l’hôpital en 2018 pour une infection pulmonaire, a indiqué cette dernière dans un courriel à l’AFP.

Devenu le secrétaire de Mao Zedong, au milieu des années 1950 et membre du gouvernement, il avait la charge du développement industriel. Il avait dénoncé la faillite du «Grand bond en avant», politique d’industrialisation à marche forcée lancée en 1958 par Mao et ayant provoqué une famine dans le pays.

Expulsé du PCC, il avait été emprisonné pendant huit ans pendant la Révolution culturelle dans la prison de Qincheng près de Beijing. Réhabilité en 1979, il était revenu en grâce et avait occupé un poste stratégique au sein du PCC, chargé du recrutement des nouveaux cadres avant d’être à nouveau démis de ses fonctions en 1984.

En 1989, lors des manifestations de la place Tian’anmen, il soutient Zhao Ziyang qui s’oppose à l’envoie de l’armée sur les manifestants. Il perd alors l’ensemble de ses responsabilités politiques.

En 2010, Li Rui signe avec d’anciens cadres du Parti une lettre ouverte dénonçant le manque de liberté d’expression : « Si le Parti communiste ne se réforme pas lui-même, s’il ne se transforme pas, il perdra sa vitalité et mourra de mort naturelle ».

Partisan d’une réforme politique, Li Rui avait publié en 2007 des articles appelant le PCC à devenir un parti socialiste, sur la base du modèle européen. Il s’est alors opposé à la révision constitutionnelle votée en 2018, abolissant la limite de deux mandats présidentiels, lors d’un entretien au journal de Hong-Kong Ming Pao.

La presse officielle ne parle pas de la mort de Li Rui, mais de nombreux admirateurs ont attendu pour pouvoir s’incliner devant sa dépouille. Des centaines de Chinois ont assisté ce 20 février à Beijing aux obsèques de Li Rui, l’ancien secrétaire de Mao.

Le drapeau du PCC, symbole de l’hommage du parti, déposé sur son cercueil a été contesté par la fille de Li Rui, Li Nanyang. Cette dernière vit aux Etats-Unis et a boycotté les obsèques de son père au cimetière de Babaoshan, où sont enterrés les dirigeants du pays.

«Je suis convaincue que depuis les cieux, l’âme de mon père pleure de rage en voyant son corps recouvert avec le drapeau d’un parti souillé par le sang du peuple», a déclaré Li Nanyang à l’Agence France Presse.