« La position proactive de la Chine contre le trafic illicite d’espèces sauvages en Afrique ces dernières années a contribué à faire évoluer les tendances de ce crime », selon une étude de l’Institut d’études de sécurité (ISS), daté du 19 août 2019.

Là où la coopération a eu lieu avec certains pays africains, le trafic d’espèces sauvages a été transféré dans d’autres parties du continent. Cela montre que des mesures plus sévères fonctionnent – et que les pays africains à taux de traite élevés devraient faire de même, ont écrit Duncan E. Omondi Gumba, coordinateur régional d’ENACT-ISS et Richard Chelin, chercheur à l’ENACT-ISS.

Le braconnage des ressortissants chinois mit à l’index

Assurant que l’Afrique présente un potentiel énorme pour l’Initiative «La Ceinture et la Route» de la Chine, le continent est aussi « une source vitale de matières premières pour l’industrie manufacturière chinoise et un marché pour ses importations ».

De ce fait, les rapporteurs s’inquiètent des « risques d’atteinte à la réputation posés par le braconnage par quelques ressortissants chinois en Afrique sont énormes pour un pays soucieux de maintenir et d’étendre sa domination économique dans le monde ».

Depuis 2017, la Chine a fermé son marché intérieur de l’ivoire et interdit la transformation commerciale des cornes de rhinocéros et des os de tigre. Il a renforcé la législation sur le commerce de la faune et de la flore menacées.

Le pays a « fourni des fonds , des équipements, du personnel et des technologies pour aider les pays africains à conserver les espèces et leurs habitats en danger », a déclaré Peng Youdong, chef de la campagne chinoise.

Mais certains ressortissants chinois continuent de faire de la contrebande d’espèces menacées et de produits végétaux et animaux moins connus. La récente condamnation de Yang Feng Glan en Tanzanie à 15 ans de prison pour trafic d’ivoire démontre la nécessité de telles campagnes. D’autres ressortissants chinois ont également été arrêtés dans le cadre d’opérations internationales de maintien de l’ordre (LATF).

La coopération sino-africaine « est un puissant moyen de dissuasion »

En 2013, d’importantes saisies d’ivoire ont été enregistrées au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda. Cette découverte a marqué un tournant dans le trafic d’ivoire, car le Kenya et la Tanzanie sont devenus les nouveaux centres de trafic d’ivoire en provenance d’Afrique.

Depuis 2014, les deux pays ont encouragé la coopération avec la Chine, qui leur a alloué des millions de dollars à l’appui de la conservation des espèces. L’Ouganda reste cependant un important point de transit vers l’Afrique centrale et occidentale.

Selon le rapport de l’OCDE, les ports nigérians, togolais et camerounais sont devenus une nouvelle plaque tournante du commerce illicite de l’ivoire. L’Afrique de l’Est et australe reste un moyen commode de s’approvisionner illégalement en produits de la faune sauvage et leur transport en Afrique centrale et de l’Ouest est viable.

«Les réseaux exploitent des centres de collecte dans plusieurs pays. Ils accumulent la marchandise de contrebande avant de l’envoyer en Asie, en particulier en Chine», a expliqué le directeur de la LATF, Edward Phiri.

Taye Teferi, coordinateur des politiques et des partenariats pour l’Afrique du réseau de surveillance du commerce d’espèces sauvages TRAFFIC, a expliqué que la coopération entre les pays africains et la Chine dissuadait fortement les chefs de file ou les chefs de file. Cela est principalement dû à la peur de l’extradition vers la Chine, où les coupables pourraient être passibles de peines plus lourdes et même de la peine de mort.

Entrée en vigueur le 1er janvier 2017, la loi chinoise sur la protection de la faune sauvage s’est harmonisée à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).

Ainsi, l’article 27 interdit la vente, l’achat ou l’utilisation d’espèces sauvages rares ou presque éteintes et de leurs produits bénéficiant d’une protection nationale spéciale. « La nouvelle campagne de sensibilisation et les modifications législatives de la Chine témoignent de la volonté politique de lutter contre la criminalité liée aux espèces sauvages et de promouvoir la conservation des espèces en péril », notent les rapporteurs.

Ces derniers conseillent au Cameroun et Nigéria de coopérer avec la Chine pour échanger des informations sur les réseaux criminels. « Cela peut également se faire par le biais d’accords multilatéraux entre la Chine et l’Union africaine ou par diverses communautés économiques régionales d’Afrique centrale et occidentale », ont précisé Duncan E. Omondi Gumba et Richard Chelin.

Pour eux, le Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) est l’une des plateformes où les chefs d’État africains peuvent renforcer la coopération en matière de détection et de répression dans la lutte contre le commerce illicite d’espèces sauvages.

Une fois que l’Afrique s’est renforcée contre la criminalité liée aux espèces sauvages dans toutes les régions grâce à une coopération fructueuse avec la Chine, le même modèle pourra être appliqué à d’autres marchés asiatiques, ont assuré les auteurs du rapport intitulé « La Chine joue un rôle clé dans la réduction du trafic d’espèces sauvages en Afrique ».