Rencontre entre le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, le ministre sud-coréen des Affaires étrangères Kang Kyung-wha et le ministre japonais des Affaires étrangères Taro Kono à Beijing, en Chine.

Les ministres ont discuté de commerce et de coopération, dans un contexte de lutte commerciale croissante entre le Japon et la Corée du Sud, qui a débuté en juillet lorsque Tokyo a imposé des restrictions commerciales à trois produits chimiques largement utilisés par les sociétés sud-coréennes fabriquant des semi-conducteurs.

De son côté, « la Chine semble intensifier ses efforts de médiation entre le Japon et la Corée du Sud à mesure que leur bataille commerciale s’intensifie – une initiative qui pourrait inciter les États-Unis à s’impliquer davantage dans la région », a expliqué Paul Triolo, responsable de la géotechnique au groupe Eurasia.

Les ministres des Affaires étrangères des trois pays asiatiques sont en Chine pendant trois jours pour discuter de commerce et de coopération. Cela intervient dans le contexte d’une lutte commerciale croissante entre le Japon et la Corée du Sud, qui a débuté en juillet lorsque Tokyo a imposé des restrictions commerciales à trois produits chimiques largement utilisés par les sociétés sud-coréennes fabriquant des semi-conducteurs.

Lors de cette réunion trilatérale, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a appelé Tokyo et Séoul à résoudre leurs différends « par le dialogue ». « La Chine collaborera avec la Corée du Sud et le Japon pour continuer à élargir et approfondir notre coopération afin de maintenir le multilatéralisme et le libre-échange », a souligné ce dernier.

Ce sommet est le neuvième mit en place entre les diplomates chinois, japonais et sud-coréens et « ne résultait pas des tensions croissantes sur le commerce bilatéral », d’après l’agence de presse Xinhua.

« Maintenant que la Chine joue le rôle de médiateur, les États-Unis seront probablement impliqués également, sachant que Séoul et Tokyo ont toujours été les alliés de Washington », a déclaré Paul Triolo.

L’analyste politique a indiqué que « du point de vue des États-Unis, il s’agit d’une confrontation perdue-perdante, qui pourrait également profiter par inadvertance à la Chine ».

Pour le responsable de la géotechnique au groupe Eurasia, « l’administration Trump ne voudra pas laisser la médiation à la Chine, mais s’efforcera de calmer la rhétorique entourant le différend et exhortera Tokyo à faire preuve de prudence en ce qui concerne le problème du contrôle des exportations, entraînant de graves perturbations des chaînes d’approvisionnement autour des semi-conducteurs ».

Les analystes ont averti que le conflit entre le Japon et la Corée du sud pourrait entraîner de graves perturbations dans la chaîne d’approvisionnement mondiale des semi-conducteurs. D’ailleurs, selon les experts le conflit a déjà eu un impact négatif sur des secteurs clés tels que le tourisme, les compagnies aériennes et les biens de consommation dans les deux pays.

Waqas Adenwala, analyste pour l’Asie à l’Economist Intelligence Unit, a déclaré qu’il pourrait être « difficile » pour la Chine de jouer un rôle de médiation dans ce différend, car la Corée du Sud et la Chine ont été victimes de l’invasion japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les relations entre le Japon et la Chine se sont réchauffées depuis quelques années, et les deux parties ont établi une relation stratégique, a déclaré Waqas Adenwala, « ce n’est pas le cas pour Tokyo et Séoul pour le moment ».

La situation peut aussi être « délicate » pour Beijing, a déclaré Adenwala. « La Chine, d’une part, veut aider la Corée et le Japon à désamorcer les tensions, de manière à tirer des bénéfices économiques d’un commerce trilatéral accru. D’autre part, la Chine pourrait en tirer des avantages politiques et diplomatiques si les relations des deux alliés se détérioraient affaiblit ensuite l’influence des États-Unis dans la région », a expliqué ce dernier.

De son côté, Kelsey Broderick, analyste au sein du groupe de recherche sur les politiques Eurasia Group, a évoqué le fait que la Chine devra faire preuve de prudence dans ses décisions relatives au conflit Japon-Corée du Sud.

« Alors que la Chine a intérêt à être perçue comme un promoteur du libre-échange et à maintenir de bonnes relations trilatérales, la possibilité pour les entreprises chinoises de bénéficier d’un découplage Japon-Corée du Sud limitera l’intérêt de Pékin à s’impliquer trop dans le différend », a assuré Kelsey Broderick.