Le vice-ministre chinois de la Santé a estimé que l’épidémie de nouveau coronavirus a été un «grand test pour le système et les capacités de gouvernance du pays». Il a admis le 9 mai que le Covid-19 avait révélé des «lacunes» dans son système de santé et de prévention des maladies infectieuses.

Le pays a été le premier touché par l’épidémie de nouveau coronavirus COvid-19 en décembre 2019. La ville de Wuhan (Hubei), où a été détecté le coronavirus, avait été particulièrement meurtrie.

Le début de la crise y a d’ailleurs été dur car les soignants ont été confrontés à une maladie alors inconnue, les hôpitaux se sont retrouvés surchargés et contraints de refuser des patients, les tests étaient indisponibles, ou encore des malades non détectés et un manque de matériel.

Plusieurs médecins de Wuhan qui avaient donné l’alerte sur l’apparition d’un nouveau virus avaient également été interrogés par la police et accusés de propager «des rumeurs».

«La lutte contre l’épidémie de Covid-19 aura été un grand test pour le système et les capacités de gouvernance du pays», a concédé Li Bin, le vice-ministre chinois de la Santé.

«Elle a également révélé que la Chine avait encore des lacunes dans ses systèmes et mécanismes de prévention et de contrôle des grandes épidémies et dans son système de santé publique», a-t-il souligné lors d’une conférence de presse à Pékin.

De son côté, le président Xi Jinping avait déjà utilisé le même vocabulaire en février. Cependant, les déclaration du vice-ministre interviennent au moment où Washington porte de lourdes accusations sur la gestion du coronavirus par les autorités chinoises.

Les Etats-Unis reprochent à Beijing d’avoir dissimulé des informations et d’avoir mal géré la crise. «Ça aurait pu être arrêté en Chine», a notamment affirmé le président américain Donald Trump en parlant de l’épidémie. Or, le gouvernement chinois déclare avoir rapidement partagé avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et d’autres pays toutes les données à sa disposition.

Le vice-ministre de la Santé a évoqué plusieurs pistes pour améliorer le système de santé chinois, dont la création d’un «commandement centralisé, unifié et efficace». Il a également évoqué une meilleure utilisation de l’intelligence artificielle et des mégadonnées («big data») pour anticiper les épidémies.

Beijing a annoncé soutenir la création d’une commission sous l’égide de l’OMS afin d’évaluer «la réponse mondiale» au Covid-19, mais uniquement «après la fin de l’épidémie».