Dans le sud de la Chine, des Chinois ont protesté vigoureusement contre la décision de prolonger un confinement, provoquant des affrontements avec la police locale.

Les habitants de Canton se rebiffent face à la politique sanitaire zéro Covid, allant jusqu’à affronter les forces de l’ordre après l’annonce du prolongement d’un confinement, selon des vidéos diffusées le 14 novembre et vérifiées par l’AFP.

Depuis le mois dernier, une partie des 18 millions d’habitants de cette grande métropole font l’objet de restrictions aux déplacements, en raison d’un rebond épidémique. Le district de Haizhu, où habitent environ 1,8 million de personnes, est celui qui concentre la plupart des cas positifs. Lundi, les autorités ont décidé de prolonger jusqu’à mercredi soir un confinement en vigueur dans la majeure partie du district.

Des vidéos publiées lundi montrent des centaines d’habitants manifester dans la rue. Certains abattent les grandes barrières en plastique qui servent à confiner des immeubles ou des quartiers. Sur d’autres images, des manifestants en viennent aux mains avec des agents en combinaison intégrale de protection blanche.

Les manifestants ont crié leur ras le bol des tests et confinements à répétition, tandis que des objets sont lancés sur les forces de l’ordre, selon l’Agence France Presse. Ces derniers mois, les réseaux sociaux ont publié des scènes d’exaspération de la population face à la politique sanitaire très stricte des autorités, qui consiste notamment en des confinements dès l’apparition de quelques cas, des restrictions aux voyages et des tests PCR parfois presque quotidiens.

De plus en plus de Chinois se plaignent de ces restrictions, qui provoquent dans certains cas des pénuries alimentaires et compliquent l’accès aux soins des personnes confinées. D’ailleurs, au début du mois de novembre, les autorités chinoises se sont excusées après la mort d’un enfant de 3 ans, intoxiqué au monoxyde de carbone. Dans un message publié sur Internet puis effacé, son père accusait les agents chargés de l’application du confinement d’avoir entravé son accès à l’hôpital.

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A Shanghai, la colère gronde

En avril, lors du confinement de Shanghai, des habitants ont affronté des policiers venus les obliger à céder leurs appartements pour y isoler des personnes positives au coronavirus, selon plusieurs vidéos.

Ces vidéos diffusées sur les réseaux sociaux chinois montraient des habitants à l’extérieur d’un complexe résidentiel, criant sur des policiers équipés de boucliers, vêtus de combinaisons intégrales de protection et d’avancer parmi la foule. Sur les images, des agents de police semblent arrêter plusieurs manifestants, tandis que des résidents accusent les forces de l’ordre de « frapper des gens ».

Ces images ont provoqué une polémique obligeant le groupe Zhangjiang, promoteur immobilier du complexe résidentiel, a publié un communiqué sur l’incident. Il affirme que « la situation est désormais calme » après que « certains locataires aient fait obstacle à la construction » d’une clôture de quarantaine.

Les autorités avaient ordonné à 39 ménages de quitter leurs appartements « afin de répondre aux besoins de prévention » anti-Covid, a indiqué le groupe. Or sur l’une des vidéos diffusées en direct sur le réseau social WeChat et récupérée par l’AFP, une femme déclare: « Le groupe Zhangjiang veut faire de notre complexe résidentiel un lieu de quarantaine et d’y placer des personnes positives au coronavirus! »

Le promoteur assure avoir offert une compensation aux habitants et les avoir relogés dans une autre aile du même quartier. Les censeurs ont depuis supprimé une grande partie des vidéos en ligne sur l’incident.

Les habitants de Shanghai sont de plus en plus exaspérés par les difficultés d’accès à la nourriture et par l’isolation forcée des personnes positives dans des centres de quarantaine au confort et à l’hygiène aléatoires.

La publication sur internet de vidéos d’animaux de compagnie violemment euthanasiés ont aussi provoqué un tollé. Une association a été créé pour protéger et garder les animaux en attendant le retour de leurs maîtres.