Chassée de Wall Street, la cotation de China Mobile s’est rendue à la Bourse de Shanghai, près d’un an après avoir été chassé de Wall Street sur décision de l’administration Trump.

L’opérateur chinois de télécommunications prévoit de vendre jusqu’à 845,7 millions d’actions, selon un document publié par la Bourse de Shanghai, le 21 décembre. Aucune date d’introduction n’a pas été précisée.

Cette entrée en Bourse se traduirait ainsi par une levée de quelque 4,4 milliards d’euros, selon le prix de l’action à la Bourse de Hong Kong, où l’entreprise est déjà cotée.

En janvier 2021, China Mobile avait été retiré de la cote à la Bourse de New York sur décret de l’ancien président américain Donald Trump, peu avant son départ de la Maison Blanche.

Le décret interdisait également aux américains d’investir dans des entreprises soupçonnées de collaborer avec l’Armée Populaire de Libération. Deux autres entreprises publiques du secteur, China Telecom et China Unicom, avaient également été éjecté des bourses américaines.

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Depuis, China Telecom s’est introduit en Bourse à Shanghai en août 2021, levant 6,5 milliards d’euros. De son côté, China Unicom est déjà coté à Shanghai depuis 2002 via une de ses filiales.

Dans un contexte de tension entre la Chine et les Etats-Unis, Pékin encourage ses entreprises à se retirer des marchés financiers étrangers et à privilégier les levées de fonds sur le marché national.

Ainsi, la plus grande introduction en bourse des dix dernières années à Shanghai confirme la tendance des grandes sociétés chinoises à rapatrier leur cotation. China Mobile a annoncé son intention de lever jusqu’à 56 milliards de yuans (7,8 milliards d’euros) en se faisant coter à la Bourse de Shanghai.

D’après les données de Refinitiv citées par l’agence de presse Reuters, l’IPO (Initial Public Offering: offre publique en vue d’une introduction en bourse) de China Mobile sera la cinquième plus grande opération jamais réalisée en Chine.

Il s’agira également de la plus grande entrée sur le marché d’actions chinois depuis la cotation d’Agricultural Bank of China en 2010.

Le repli de China Mobile vers son marché boursier domestique suit la tendance de nombreuses entreprises chinoises, qui retournent en Chine. D’autant plus la SEC (Securities and Exchange Commission), le gendarme boursier américain, a publié de nouvelles règles qui imposent à ces entreprises davantage de transparence envers les investisseurs.

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Selon le Financial Times, la SEC exige des informations sur les « variable interest entities » (entités à intérêts variables), des structures utilisées par les groupes chinois pour pouvoir solliciter les investisseurs étrangers en contournant des restrictions chinoises aux entrées de capitaux étrangers dans les groupes de l’empire du Milieu.

Selon EY, cinq des dix plus grandes entrées à la Bourse de Hong Kong cette année sont des cotations secondaires de groupes chinois cotés aux USA. Ces détournements juridiques sont utilisés par les grands groupes technologiques chinois encore présents à Wall Street, comme le géant du commerce en ligne Alibaba ou le moteur de recherche internet Baidu.