Avec notre stagiaire Qi Gao – Le groupe H&M a fait part de difficultés inédites sur son marché en Chine après avoir déclaré ne plus vouloir travailler avec les usines de coton au Xinjiang.

Malgré sa nouvelle déclaration publiée le 4 mars pour assurer sa volonté de coopérer de manière constante avec la Chine, H&M est accusé par les chinois pour son racisme concernant les affaires des Droits de l’homme au Xinjiang. Ses produits sur le marché chinois ont été boycottés du jour au lendemain.

Dans un communiqué publié en 2020, H&M a fait part de ses inquiétudes vis-à-vis des derniers rapports d’organisations de la société civile et des médias occidentaux, concernant les allégations de « travail forcé » et de « discrimination religieuse » à l’encontre des minorités ethniques dans la région du Xinjiang.

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Le groupe H&M a alors annoncé son intention de ne plus travailler avec les usines de confection située dans le Xinjiang et qu’il ne s’approvisionnait pas en produits ou matières premières dans cette région.

Cette déclaration a indiqué que les fournisseurs de H&M ne s’approvisionnent en coton qu’auprès de fermes du Xinjiang qui travaillent avec la Better Cotton Initiative (BCI), basée en Suisse.

La BCI a décidé de suspendre la certification des matières premières de coton au Xinjiang car il est devenu de plus en plus difficile de mener une diligence raisonnable crédible dans la région.

Les produits et les matières premières certifiés BCI doivent répondre à certaines normes en termes de protection de l’environnement et de protection des droits du travail. En plus de H&M, les membres de la BCI comprennent des marques telles que Uniqlo, Adidas, Procter & Gamble, Nike et MUJI, qui ont un grand nombre de consommateurs en Chine, et ont appelé au boycott de ces marques également.

Ces déclarations du boycott du coton du Xinjiang par H&M et d’autres marques, a suscité une vague d’indignation nationale en Chine ces deux derniers jours. Le retour d’un coup de fouet a été bien médiatisé par la chaîne télévision nationale CCTV et d’autres médias gouvernementaux.

La première chaîne chinoise critique que « sous le signe de la défense des droits de l’homme », les actions du groupe H&M, en réalité, constituent « une grave violation de la conscience publique, visant à détruire l’espace de développement des entreprises et des travailleurs chinois ». 

Ces marques « prétendent » suivre les normes du marché international, mais en réalité, « elles mangent de la nourriture chinoise et puis cassent des pots chinois » soulignent la chaîne.

« La Chine dispose d’un marché énorme et d’une position ouverte, accueillant toutes les entreprises étrangères qui souhaitent investir en Chine, mais il ne faut pas toucher à la ligne de fond, et ce n’est que lorsqu’il y aura du respect qu’il y aura des affaires », a révélé CCTV.

« Le coton de la région du Xinjiang est l’un des meilleurs au monde, et il n’est pas nécessaire de l’utiliser comme une perte pour les entreprises concernées », a déclaré la porte-parole du ministère des affaires étrangères, Hua Chunying.

Cette dernière a indiqué lors d’une conférence de presse que « l’accusation de ‘travail forcé’ au Xinjiang est un mensonge malveillant concocté par des forces anti-chinoises individuelles pour salir l’image de la Chine, miner la sécurité et la stabilité au Xinjiang et décourager le développement de la Chine ».

Vague de désengagement, renaissance de marques locales

Les sanctions des marques occidentaux ont été pointé du doigt sur Weibo, le Twitter chinois. La principale cible est H&M, qui a vu ses produits être retirés des sites Taobao, Jingdong, Jindo et d’autres plateformes d’e-commerce.

Les derniers résultats de recherche de Taobao App ne montrent aucun résultat pour « H&M » et « HM », ce qui laisse penser que la société Tmall a bloqué la marque sur son réseau.

Le 25 mars, une principale entreprise locale de vente au détail au Xinjiang a déclaré que la déclaration de H&M était à la fois « ignorante et arrogante, provoquant un fort mécontentement parmi la majorité des net-citoyens chinois et causant un grand préjudice à notre peuple au Xinjiang et dans tout le Xinjiang ». Plusieurs organisations chinoises ont demandé à H&M de présenter des excuses à la population du Xinjiang.

En vue de soutenir ce « sport national », le 25 mars, plus de 40 artistes ont annoncé la fin de leur contrat avec dix marques occidentales. Cette situation profite à des dizaines de marques vestimentaires locales qui ont publié une déclaration de soutien au coton du Xinjiang sur Weibo. Le hashtag #JesoutienslecotonduXinjiang s’est répandu sur les réseaux sociaux.

A la suite de ce boycott, les actions du secteur de l’habillement et du textile en Chine a augmenté, notamment celles d’American Apparel, avec une hausse de 5% pour la marque Li Ning, comptée le matin du 25 mars, selon Zhongguo Xinwen.  Alors que les actions d’Adidas ont chuté de plus de 5% le 25 mars, et les actions de Nike U.S. ont chuté de près de 5% avant le marché.