Le constructeur automobile de voitures électriques, Tesla, a annoncé l’ouverture d’une concession automobile dans la région autonome du Xinjiang, suscitant une vague de protestation de la part de groupes américains de défense des droits et d’organisations professionnelles

Le Xinjiang est devenu le thème central de la confrontation entre la Chine et les Etats-Unis depuis quelques années. Les groupes américains de défense des droits de l’Homme estiment que plus d’un million de personnes, Ouïghours et membres d’autres minorités musulmanes, y ont été internées dans des camps.

Un chiffre reprit par la communauté internationale, mais démentit par la Chine, qui atteste qu’il s’agit de centre de professionnalisation, afin d’éloigner les ouighour d’une possible radicalisation.

Tesla a annoncé l’ouverture de la concession dans la capitale régionale du Xinjiang, Urumqi, via son compte officiel sur le réseau social chinois Weibo le 31 décembre 2021. « Le dernier jour de 2021, nous nous retrouvons au Xinjiang« , a écrit la direction du constructeur automobile

Le 4 janvier 2022, le Conseil sur les relations américano-islamiques a critiqué cette initiative, affirmant que Tesla « soutenait un génocide« . « Elon Musk doit fermer le ‘showroom’ Tesla au Xinjiang« , a déclaré la plus grande organisation américaine de défense des droits des musulmans sur son compte Twitter.

Des critiques similaires ont été formulées par un organisme professionnel américain, l’Alliance pour la production américaine, et par le sénateur américain Marco Rubio.

Tesla n’a pas répondu aux demandes de commentaire de l’agence de presse Reuters. Actuellement, le constructeur automobile exploite une usine à Shanghai et y augmente sa production en raison de la hausse des ventes en Chine.

En effet, la Chine est le plus important marché pour l’entreprise d’Elon Musk qui y a construit en Chine sa troisième usine à Shanghai en 2019. De plus, un quart de sa production totale est écoulé en Chine, et le constructeur américain a vendu 147.997 véhicules en Chine en 2021.

Plusieurs entreprises internationales, dont Nike, Adidas, H&M, Intel, ont fait face à des polémiques ces derniers mois concernant leur présence au Xinjiang, qui est une source importante pour l’approvisionnement en coton et autres matériaux.

Le géant du prêt-à-porter suédois H&M a déclaré publiquement ne plus s’approvisionner depuis le Xinjiang, ce qui a provoqué un vaste boycott de la part des consommateurs chinois. Ce boycott a fortement pénalisé ses ventes sur un marché chinois, qui lui est crucial.

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Plus récemment, le géant américain des puces Intel a dû s’excuser après la publication d’une lettre, ayant provoqué de vives réactions en Chine, demandant à ses fournisseurs de ne pas s’approvisionner en produits ou en main-d’œuvre dans la région du Xinjiang.

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Le président américain Joe Biden a promulgué une loi sur une interdiction des importations en provenance de la région autonome du Xinjiang. Il a également ajouté sur sa liste noire économique plusieurs entreprises chinoises soupçonnées de violations des droits de l’Homme dans la région du Xinjiang.