Beijing a fait part à Paris de son souhait de rompre leur coopération policière, ce qui pourrait découler de la décision de la France d’accorder l’asile à l’épouse de l’ancien chef d’Interpol, Meng Hongwei, condamné en Chine pour corruption.

Beijing a annoncé rompre toute coopération avec les autorités françaises en matière policière, d’après le quotidien français Le Monde citant une source proche du ministère français des affaires ètrangères.

Cette décision qui, selon le ministère français de l’Intérieur, pourrait être préjudiciable dans le cadre de la lutte contre la contrefaçon, dont l’industrie française pâtit énormément. Les échanges techniques dans le domaine de la lutte antiterroriste entre les deux pays, entre autres, seront aussi impacté par cette décision.

Une source proche du dossier a nuancé la situation auprès de l’Agence France Presse, en assurant qu‘«il n’y a pas eu de demande officielle de suspendre la coopération, mais un souhait exprimé de manière informelle.»

D’après Le Monde, cette décision chinoise serait liée à celle de Paris, d’accorder en mai 2019 l’asile politique à l’épouse de l’ancien président d’Interpol Meng Hongwei. Celui-ci, qui était aussi vice-ministre de la Sécurité publique dans son pays, a vait disparu en septembre 2018, ne donnant pas de nouvelles après avoir quitté Lyon.

Au bout d’une dizaine de jours, le gouvernement chinois avait annoncé qu’il avait été arrêté en Chine, et qu’il était soupçonné d’avoir reçu des pots-de-vin. Le 7 octobre 2018, il a démissionné de son poste par courrier, après que Beijing a annoncé qu’il faisait l’objet d’une enquête, notamment pour avoir «accepté des pots-de-vin».

En juin dernier, l’ex-président chinois d’Interpol a plaidé coupable de corruption. Meng Hongwei, 65 ans, a «fait montre de repentance» pour avoir accepté 14,46 millions de yuans (1,86 million d’euros) de pots-de-vin, a indiqué le Tribunal populaire intermédiaire n°1 de Tianjin (nord de la Chine) sur les réseaux sociaux.

Restée en France, l’épouse de Meng Hongwei, Grace Meng, estime que les autorités chinoises n’ont pas présenté «quelque preuve que ce soit à l’appui de leurs allégations» et a déposé plainte au début de l’année, en France, pour tentative d’enlèvement.

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Le gouvernement chinois souhaite lui obtenir le retour en Chine de Grace Meng afin d’engager des poursuites contre elle, pour complicité dans les infractions reprochées à son mari.