Les autorités chinoises ont nommé à Paris un nouvel ambassadeur, Lu Shaye, 54 ans, connu pour son franc parler.

La nomination de Lu Shaye a été signée par le président Xi Jinping, après avoir occupé depuis 2017 les mêmes fonctions à Ottawa. Ce dernier est parvenu à gérer la crise sino-canadienne provoquée par l’arrestation en décembre 2018 à Vancouver de la directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei, suivie de l’arrestation de deux Canadiens en Chine.

Dans une tribune publiée en janvier 2019, Lu Shaye avait dénoncé «l’égoïsme occidental» et le «suprémacisme blanc» en accusant le Canada et ses alliés de se préoccuper du sort des deux Canadiens arrêtés mais pas selon lui de celui de la responsable de Huawei. Il avait aussi dénoncé l’arrestation Meng Wanzhou, le comparant à «un coup de poignard dans le dos».

Sa nomination à Paris intervient alors que les relations entre la France et la Chine sont compliquées depuis l’arrestation en Chine l’an dernier de l’ancien patron chinois d’Interpol, Meng Hongwei, dont le siège se trouve à Lyon.

Son épouse, Grace Hongwei, a depuis obtenu l’asile politique en France, selon son avocat. En réaction, la Chine a menacé «de manière informelle» de suspendre sa coopération policière avec la France, a-t-on appris lundi de source française proche du dossier.

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Début avril 2019, la marine chinoise a notamment intercepté un navire de guerre français dans le détroit séparant la Chine continentale de Taïwan. La Chine a rapporté à cette occasion avoir adressé une protestation solennelle à Paris, tandis que la France réaffirmait «son attachement à la liberté de navigation, conformément au droit de la mer».