Les Etats-Unis ont imposé des sanctions contre des représentants chinois en raison de ce qu’ils considèrent comme «de la répression» contre la démocratie à Hong Kong.

Pour un porte-parole du gouvernement chinois, «les soi-disant sanctions imposées par les Etats-Unis contre des responsables du gouvernement central chinois basés à Hong Kong» sont «méprisables».

Le porte-parole du Bureau des affaires de Hong Kong et de Macao du Conseil des Affaires d’État a exprimé sa vive indignation et sa ferme condamnation contre les «soi-disant sanctions, ainsi que les rumeurs propagées par la partie américaine concernant l’environnement commercial à Hong Kong».

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«Au cours de l’année écoulée, les principaux indicateurs économiques de Hong Kong ont tous enregistré une croissance substantielle, les investisseurs internationaux étant largement d’accord sur le fait que, depuis la mise en œuvre de la loi sur la sécurité nationale, le statut de Hong Kong en tant que centre financier international a gagné en stabilité et son environnement commercial a été amélioré», a précisé le porte-parole.

A contrario, le président Joe Biden lors d’une conférence de presse avec la chancelière allemande Angela Merkel, a assuré que «la situation à Hong Kong se détériore. Et le gouvernement chinois ne tient pas l’engagement qu’il a pris sur la manière dont il traiterait la ville, et il s’agit donc plutôt d’un conseil sur ce qui pourrait se passer à Hong Kong. C’est aussi simple que cela et aussi compliqué que cela».

Pour le porte-parole, «les soi-disant sanctions n’affecteront pas la détermination résolue du gouvernement chinois à sauvegarder sa souveraineté nationale, sa sécurité et ses intérêts de développement, ainsi que la prospérité et la stabilité de Hong Kong».

Selon lui, ces sanctions «n’ébranleront pas non plus la ferme volonté des responsables chinois de défendre leurs intérêts nationaux et d’exercer leurs fonctions, a affirmé le porte-parole. Au contraire, ces actions ont davantage mis en évidence la nature de l’hégémonie et de la politique de pouvoir des Etats-Unis».

Il a assuré la position de la Chine attestant que «les Etats-Unis n’ont pas le droit de s’immiscer dans les affaires intérieures de la Chine, a souligné le porte-parole, ajoutant que les stratagèmes de sanctions à répétition des Etats-Unis étaient futiles».

Le porte-parole s’est dit convaincu que «ces actions ne feraient que se retourner contre les Etats-Unis et accélérer la chute des mandataires américains à Hong Kong, à savoir les personnes qui visent à contrarier la Chine et à perturber Hong Kong».

Les Etats-Unis ont imposé le 16 juillet des sanctions contre sept responsables chinois qu’ils accusent d’aller à l’encontre de l’État de droit à Hong Kong. Les sept responsables placés sur la liste noire du département du Trésor sont des directeurs adjoints du bureau de liaison des affaires chinoises à Hong Kong, qui coordonne la politique de la Chine continentale à Hong Kong, rétrocédée en 1997 à la République populaire de Chine.

Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a accusé ces responsables d’avoir « systématiquement affaibli » les institutions démocratiques de Hong Kong. Il a pointé du doigt le report des élections, l’interdiction d’exercer leurs fonctions à certains députés élus et l’ordre d’arrêter des milliers d’opposants à la politique chinoise à Hong Kong.

Les Etats-Unis ont déjà imposé des sanctions à d’autres hauts responsables dont la dirigeante de l’exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, et de hauts responsables de la police.

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Dans un avis émis conjointement par les départements d’État, du Commerce et de la Sécurité intérieure, Washington a également mis en garde les entreprises américaines contre l’impact sur leurs activités de la loi sur la sécurité nationale promulguée en juillet 2020 à Hong Kong.

La loi sur la sécurité nationale, instaurée par Beijing, sanctionne tout acte de sécession, de subversion, de terrorisme et de collusion avec des puissances étrangères. Cette loi est considérée par ses opposants comme un moyen de réprimer le mouvement démocratique et la liberté de la presse à Hong Kong. Pour ces derniers, la loi est aussi une atteinte manifeste aux libertés garanties aux habitants de Hong Kong dans le cadre de la Déclaration conjointe sino-britannique de 1984 fixant les conditions de la rétrocession de 1997.

De leurs côtés, Hong Kong et Beijing assurent que les droits des habitants de Hong Kong restent protégés mais ne sont pas absolus et que cette loi, qui ne concernerait qu’une « très faible minorité » de personnes, a permis de restaurer le calme dans le territoire.