Actuellement, de nombreuses parties du pays sont en proie à de forte chaleur et plusieurs gouvernements provinciaux ont émis des alertes aux températures élevées. Cette situation va devenir coutumière si rien n’est fait rapidement pour stopper les émissions de gaz à effet de serre.

Le Liaoning, le Jilin, Chongqing, le Hubei, le Xinjiang et la Mongolie intérieure, connaissent actuellement des  températures comprises entre 37 et 39 degrés, d’après le Centre national de météorologie.

D’après certains experts de la Société météorologique du Liaoning, «la haute pression subtropicale s’est déplacée vers le nord trop tôt à une altitude plus élevée ce mois-ci et a causé des températures en hausse inhabituelles en Russie et dans certains pays scandinaves».

La situation devrait s’aggraver selon le MIT

La nouvelle étude du MIT montre que si des mesures drastiques ne sont pas prises pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, responsable de la destruction de la couche d’ozone, la région chinoise la plus peuplée et la plus importante sur le plan agricole pourrait faire face à ces conditions meurtrières, au moins en ce qui concerne la vie humaine.

L’étude montre que l’irrigation intensive dans la région relativement sèche mais très fertile, de la Grande plaine de Chine du Nord conduit à une évaporation de l’eau plus importante, entraînant une humidité de l’air supérieure à celle qui serait naturellement présente et exacerbant les contraintes physiologiques de la température.

Les conclusions émises par Elfatih Eltahir du MIT et Suchul Kang de l’Alliance Singapore-MIT pour la recherche et la technologie ont été publié dans la revue Nature Communications.

«L’irrigation exacerbe l’impact du changement climatique» pour Elfatih Eltahir.

Cette étude a mit en exergue plusieurs scénarios d’émission de gaz à effet de serre, selon les données avancées le seuil sera atteint plusieurs fois dans la région de la Grande plaine de Chine du Nord entre 2070 et 2100.

D’après Elfatih Eltahir, cette région sera la plus chaude, avec des vagues de chaleur meurtrières à l’avenir, notamment dans un contexte global de changement climatique intense.

Des signes montrent que cet avenir beaucoup plus proche. Ainsi, l’étude montre qu’il ya eu une augmentation substantielle de vagues de chaleur extrêmes dans la Grande plaine de Chine du Nord au cours des 50 dernières années.

L’été 2013 s’inscrit dans une tendance au réchauffement en Chine. La température moyenne en été (juin-août) a augmenté de 0,82°C depuis les premières observations en 1950

Le réchauffement climatique dans cette région au cours de cette période a été presque le double de la moyenne mondiale – 0,24 degré Celsius par décennie contre 0,13. En 2013, les vagues de chaleur extrêmes dans la région ont duré jusqu’à 50 jours et les températures maximales ont dépassé 38°C par endroits.

Des vagues de chaleur importantes se sont produites en 2006 et en 2013, battant des records. Shanghai, la plus grande ville de l’est de la Chine, a battu un record de température de 141 ans en 2013 et des dizaines de personnes sont mortes.

L’un des éléments surprenants découverts par les chercheurs est l’impact de l’irrigation des sols sur la température. Ainsi en irriguant le sol, cela produit un effet de refroidissement local conduisant à une hausse de l’humidité, donc à de la vapeur d’eau supplémentaire, ce qui n’est autre qu’un puissant gaz à effet de serre. Ce cercle vicieux  contribue à un réchauffement global de la masse d’air.

L’essentiel désormais est de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Les chercheurs attestent que «la Chine est actuellement le principal contributeur aux émissions de gaz à effet de serre, avec des implications potentiellement graves pour sa propre population: la poursuite de la tendance actuelle des émissions mondiales pourrait limiter l’habitabilité de la région la plus peuplée du pays le plus peuplé de la planète».

Christoph Schauer, professeur de science atmosphérique et climatique à l’ETH Zurich, a expliqué que cette étude est «un travail de recherche solide, qui étend et affine certaines des études précédentes sur le changement climatique d’origine humaine et son rôle sur les vagues de chaleur».

«Ceci est une étude très utile. Elle met en évidence certains des défis potentiellement graves qui surgiront avec le changement climatique … Ces résultats sont importants et opportuns, car ils peuvent conduire à des mesures d’adaptation adéquates avant que des conditions climatiques potentiellement sérieuses ne se manifestent», a souligné le chercheur.