L’économiste zambienne, Dambisa Moyo a évoqué lors d’une interview de Mehdi Hasan sur la chaîne d’Al Jazeera que « plus de 300 millions de personnes ont été libérées de la pauvreté en 30 ans » en Chine, via son modèle économique et politique.

Cette dernière a expliqué que les politiciens chinois « n’ont pas besoin de séduire les électeurs pour rester dans les fonctions politiques », leur laissant de vastes marge de manoeuvres pour mettre en place leurs réformes économiques. Ainsi, la réforme structurelle du côté de l’offre a engagé la transition économique du pays depuis 201. A cela s’ajoute d’importantes mesures conjoncturelles et structurelles, tant dans l’administration, l’économie que la réforme sociale (retraite, …)

Pour Dambisa Moyo, il n’y a donc pas de ralentissement économique, comme relayé par les médias occidentaux, car « on assiste simplement au virage d’un modèle économique reposant sur l’investissement étranger vers un autre bâti autour de la consommation intérieure. Il faudra beaucoup de ressources naturelles pour fabriquer tous ces produits de consommation ». D’ailleurs, celles-ci viennent en grande partie du continent africain.

L’économiste a souligné que la Chine avait joué un rôle extrêmement important sur le continent: « Nous avons fait venir la Chine, il y a eu des investissements importants … nous sommes en mesure de commercer avec les Chinois, pour le meilleur ou pour le pire ».

D’ailleurs, elle expliquait en 2012, dans son livre« Winner Take All: China’s Race for Resources and What It Means for the World », que « la Chine a élaboré une stratégie en trois points » pour s’alimenter en ressources.

« D’abord, elle se rapproche des mal-aimés. Tous ces États que l’Occident a l’habitude d’ignorer : le Pérou, le Kazakhstan, l’Afrique subsaharienne… Elle leur fait une offre qu’ils ne peuvent refuser : des emplois et des infrastructures en échange de l’accès à leurs ressources. Ensuite, le gouvernement développe une position de monopsone. C’est l’équivalent d’un monopole pour un acheteur. Walmart est un monopsone. Le gouvernement aussi, lorsqu’il est question d’équipement militaire. Un monopsone possède un tel poids qu’il peut fixer les prix à sa guise. Dernier pilier de la stratégie chinoise : payer les ressources plus cher que ce qu’elles valent sur le marché. Les Occidentaux croient que les Chinois ignorent comment évaluer la valeur des actifs. Pas du tout, ils voient simplement plus large et plus loin. La valeur que le gouvernement chinois attribue aux ressources naturelles comprend le développement économique qu’elles entraîneront ainsi que la réduction de la pauvreté ».

Ainsi, la Chine énormément investit en Afrique pour accéder à ses ressources, suscitant de vives critiques. Or pour l’économiste zambienne, « les détracteurs de la présence chinoise en Afrique sont ignorants. C’est la presse occidentale qui décrie ces investissements. Les presses africaine et sud-américaine voient la situation d’un oeil plus nuancé. L’Afrique tire beaucoup de cette relation ».

Cette dernière a assuré « on ne peut exclure la Chine de certaines transactions, parce que c’est la Chine. Il faut une vraie raison, et il faut la nommer ». D’autant plus qu’il est « plus difficile d’aller de l’avant avec certaines décisions d’envergure dans un État démocratique. Mais la démocratie n’est pas un mauvais système. On pourrait toutefois le rendre plus efficace ».

A contrario, la question des Droits de l’Homme en Chine est toujours en suspend d’après Les Affaires, qui assure que la « dictature chinoise demeure une question délicate ». Pourtant, « j’entends plusieurs dirigeants d’État et d’entreprise critiquer l’absence de démocratie en Chine, mais je ne vois personne refuser l’argent chinois. Brandir ainsi la question de la démocratie nous éloigne du véritable problème. Qu’est-ce qui dérange vraiment : l’absence de démocratie ou le manque de transparence ? À mon avis, il est plus important de s’attaquer au manque de transparence de l’État chinois », a souligné Dambisa Moyo.

(image Une @facebook/dmoyo)