La perception de la Chine dans plusieurs pays occidentaux s’est largement dégradée avec la pandémie de Covid-19, selon Pew Research Center. Le ministère des affaires étrangères a dénoncé les « mensonges » de ce centre de recherche américain.

Dans un sondage réalisé entre juin et août 2020 dans quatorze pays auprès d’environ 14 000 personnes, le centre de recherche américain Pew Research Center a révélé que l’image de la Chine est fortement écornée depuis le début de la pandémie de Covid-19.

Des taux très élevés

Les taux d’opinions défavorables sont élevés pour l’Australie (81%), le Royaume-Uni (74%) et les Pays-Bas (73%). De plus, la courbe des perceptions négatives de la Chine a croisé, en 2018-2019, celle des perceptions positives pour monter en flèche jusqu’à un niveau inédit en 2020. Ainsi, au Canada, 73% des opinions sont aujourd’hui défavorables contre 45% en 2018.

Selon ce sondage, 73% des Américains ont une mauvaise opinion de la Chine, soit une augmentation de plus de 20 points depuis l’arrivée du républicain Donald Trump à la Maison-Blanche en 2017.

Les pourcentages les plus dégradés sont en Australie avec une augmentation de 24% d’opinion négative, par rapport à 2019, pour atteindre un niveau de 81% d’opinion négative à l’égard de la Chine.

Dans d’autres pays, la Chine est perçue de manière négative depuis plus de dix ans, comme la Suède ou l’Allemagne, les perceptions négatives atteignent également un record historique (85% et 71%) avec la crise du Covid-19.

Les taux restent élevés, mais sont inférieures à leur pic, comme en France : où il y a 70% d’opinion défavorable contre 72% en 2008 au moment du boycott du groupe Carrefour en Chine consécutif aux incidents lors du passage de la torche olympique à Paris.

Au Japon, le taux est de 86% d’opinion défavorable contre 93% en 2013, lors des manifestations anti-japonaises en Chine, et en Italie, 62% d’opinion défavorable contre 70% en 2014 lors de la vague d’investissements chinois en pleine crise de la dette.

Aux Etats-Unis, 73% des personnes interrogées voient désormais la Chine de manière défavorable, contre 47% en 2018. Les moins de 30 ans, traditionnellement plus favorables à la Chine que leurs aînés, ont aussi basculé du côté des sceptiques.

La plupart des sondés estiment que la Chine n’a pas géré convenablement l’épidémie de Covid-19 : 49% des Espagnols, 44% des Français et 51% des Italiens, parmi les trois pays les plus touchés en Europe, estimant toutefois qu’elle a «fait du bon travail».

Les sondés critiquent plus les Etats-Unis que la Chine, ainsi 84% en moyenne des sondés dans les 9 pays européens concernés estiment que les Etats-Unis «n’ont pas fait un bon travail», contre 35% pour l’Union européenne.

La Chine dénonce des mensonges créés par les occidentaux

Hua Chunying, porte parole ministre aff étran

La Chine a dénoncé les « mensonges » de « certains politiciens américains » pour expliquer la mauvaise image de la Chine dans les pays occidentaux, illustrée par un sondage publié aux Etats-Unis.

Interrogée lors d’un point de presse, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a estimé que ce sondage ne représentait que le point de vue des pays occidentaux.

« Depuis un certain temps, afin de détourner l’attention, certains politiciens américains utilisent la pandémie et d’autres sujets comme prétextes pour diffamer la Chine, et la diaboliser en semant mensonges et désinformation », a-t-elle dénoncé, sans nommer le président américain qui a, à plusieurs reprises, évoqué un « virus chinois ».

« Cela ne peut que gravement induire en erreur les citoyens des Etats-Unis et de certains autres pays occidentaux quant à la réalité du combat de la Chine contre l’épidémie », a ajouté cette dernière.

Le nouveau coronavirus a fait son apparition en Chine à la fin de l’année 2019 et la Chine a été critiqué pour son manque de transparence et de réaction au début de l’épidémie.

Le pays est néanmoins parvenu à quasiment éradiquer la maladie, qui a fait 4.634 morts sur son sol de janvier à mai, tout en se répandant dans le monde entier où le nombre de victimes dépasse le million.

« J’espère que davantage de médias étrangers, y compris les journalistes en poste en Chine, couvriront la Chine de façon plus objective », a déclaré Hua Chunying.