La Chine a décidé de mettre de côté sa stratégie zéro covid, après des manifestations record dans tout le pays et une baisse de sa croissance. Depuis la levée des restrictions, l’épidémie de Covid-19 a explosé en Chine.

Selon les autorités, l’ampleur de l’épidémie est «impossible» à déterminer, car les tests de dépistage ne sont plus obligatoires. Les autorités tentent de rassurer sur le caractère bénin du virus en dépit de sa contagiosité. D’ailleurs, dans plusieurs provinces du pays, les Chinois sont autorisés à retourner au travail, même avec des symptômes.

L’OMS s’est dite «très préoccupée» par l’explosion du nombre des cas de Covid-19 en Chine le 21 décembre. D’ailleurs, ce même jour, la Commission nationale de la santé a signalé le 20 décembre 3.049 cas confirmés de COVID-19 transmis localement.

Un total de 1.953 patients atteints de la COVID-19 sont sortis de l’hôpital après leur guérison sur la partie continentale de la Chine mardi, a indiqué la commission, qui n’a enregistré aucun nouveau décès, dont le bilan total s’est établi à 5.241 décès.

L’OMS a donc appelé la Chine à accélérer la vaccination des populations les plus vulnérables et lui a demandé des informations plus détaillées sur la gravité de l’épidémie.

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«L’OMS est très préoccupée par l’évolution de la situation en Chine (…). Afin de procéder à une évaluation complète des risques», l’OMS juge nécessaire d’obtenir des «informations plus détaillées sur la gravité de la maladie, les admissions hospitalières et les besoins en matière d’unités de soins intensifs», a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours de sa conférence de presse hebdomadaire.

Au États-Unis, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a appelé la Chine à partager ses informations sur la nouvelle vague de Covid-19 que connait le pays. «Il est très important que tous les pays, y compris la Chine, s’attachent à ce que les gens soient vaccinés, que les tests et les traitements soient disponibles, et plus encore, à ce que l’information sur ce qu’ils vivent soit partagée avec le monde – parce que cela a des implications non seulement pour la Chine mais pour le monde entier», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Malgré le pic épidémique, la Chine donne peu d’information sur la situation des hôpitaux. Elle a toutefois précisé le 20 décembre que seules les personnes décédées directement d’une insuffisance respiratoire liée au Covid-19 étaient comptabilisées dans les statistiques. Cette méthodologie «scientifique», selon les autorités, apparait réductrice pour certains observateurs.

«Après une infection par le variant Omicron, la principale cause de décès (des patients) sont des maladies sous-jacentes», a indiqué Wang Guiqiang, un responsable de la Santé de la ville de Pékin. «Seul un petit nombre meurt directement d’une insuffisance respiratoire causée par le Covid», a-t-il insisté.

Or les données sont remisent en question par certain observateurs, qui ont consultés les vidéos (non vérifiés pour leur authenticité), montrant des scènes de chaos dans les hôpitaux et crématoriums.

Selon certains experts, cette situation s’explique par le faible taux de vaccination des personnes fragiles et une immunité liée à des infections précédentes au Covid-19 quasiment nulle. D’après les informations officielles rapportées par l’agence de presse Reuters, le taux de vaccination chez les personnes âgées de 80 ans et plus n’est que de 42,3%.

« Le troisième pic se produira entre fin février et mi-mars lorsque les personnes contaminées pendant les vacances retourneront sur leur lieu de travail », a estimé Wu Zunyou, selon des propos rapportés par le quotidien économique Caijing.

Pour le Dr Michael Ryan, chargé de la gestion des situations d’urgence sanitaire à l’OMS, « nous disons depuis des semaines que ce virus hautement contagieux a toujours été très difficile à complètement arrêter avec seulement des mesures de santé publique et sociale ».

Cependant, « nous devons vraiment nous concentrer sur la vaccination. Cela dit, la Chine a fait des progrès considérables au cours des dernières semaines dans la distribution des vaccins », a-t-il poursuivi. « La vaccination est la stratégie de sortie face à une vague d’Omicron », a-t-il assuré.