Le gouvernement britannique a autorisé une participation limitée du géant chinois des télécoms Huawei au réseau 5G, ne prenant pas en compte les pressions de son allié américain.

Le ministère du numérique a annoncé dans un communiqué que le Royaume-Uni autorisait l’accès d’équipementiers télécoms « à risque » – comme Huawei – à ses réseaux 5G, sans mentionner le nom du géant chinois.

Huawei a rapidement réagit se disant « rassuré par la confirmation du gouvernement britannique que nous pouvons continuer à travailler avec nos clients afin de poursuivre le déploiement de la 5G« , dans un communiqué.

Cette décision du gouvernement britannique est intervenue après une réunion du Conseil de sécurité nationale, sous la présidence du Premier ministre, Boris Johnson.

Ainsi, il a été décidé de ne pas permettre à Huawei de prendre part au « coeur » du réseau, notamment les serveurs où transitent les données des utilisateurs, ni d’être présent dans des zones géographiques sensibles comme les sites nucléaires et les bases militaires.

Les opérateurs comme Huawei seront autorisés à oeuvrer dans les infrastructures non stratégiques comme les antennes-relais, permettant la connexion des téléphones mobiles au réseau, avec une part de marché limitée à 35%.

La ministre du Numérique, Nicky Morgan, a expliqué vouloir le meilleur réseau possible mais « pas au détriment de notre sécurité nationale ». Cependant, en autorisant Huawei, le gouvernement britannique prend le risque de mécontenter les Etats-Unis, alors qu’ils souhaire resserrer les liens avec Washington en négociant un accord commercial une fois le Brexit acté.

Les responsables américains, dont le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, ont tout fait pour faire plier Londres, entre réunions à huis clos et avertissements, en qualifiant la décision britannique à venir de « capitale ».

Les Etats-Unis exigent depuis plusieurs mois des pays occidentaux, et en particulier du Royaume-Uni, qu’ils excluent Huawei de leurs réseaux, invoquant ses liens étroits avec le gouvernement chinois et des risques d’espionnage. Des accusations démenties par le groupe chinois.

Londres aurait eu du mal à interdire Huawei sur son territoire, car la société est présente au Royaume-Uni depuis 15 ans. De plus, si Huawei avait été rejeté, il aurait fallu retirer ses antennes-relais des infrastructures 4G existantes, une action coûteuse qui se répercuterait sur les factures des abonnés tout en retardant le passage à la 5G.