Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a appelé à la « libération immédiate » des 53 personnalités de l’opposition pro-démocratie arrêtées pour « subversion » à Hong Kong.

Conseil des droits de l’homme des Nations Unies

« Nous sommes profondément préoccupés par l’arrestation mercredi de 53 militants politiques, universitaires, anciens législateurs, conseillers de district actuels, et avocats dans la Région administrative spéciale de Hong Kong, et nous demandons leur libération immédiate », a indiqué une porte-parole du Haut-Commissariat, Liz Throssell, dans un communiqué.

« Les arrestations sont les dernières d’une série de détentions liées à l’exercice des libertés fondamentales, y compris le droit de réunion pacifique, à Hong Kong », a-t-elle ajouté.

Plus de cinquante personnalités de l’opposition pro-démocratie, dont un avocat américain, ont été arrêtées le 6 janvier à Hong Kong, dans ce que la presse qualifie de « plus gros coup de filet à ce jour dans le cadre de la récente loi sur la sécurité nationale imposée par la Chine ».

« Ces dernières arrestations indiquent que -comme on le craignait- le délit de subversion prévue par la loi sur la sécurité nationale est effectivement utilisée pour détenir des personnes ayant exercé leurs droits légitimes à participer à la vie politique et publique », a souligné Liz Throssell.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme et divers experts indépendants des Nations Unies ont alerté à plusieurs reprises que les définitions des délits à Hong Kong, tels que la « subversion, au titre de la loi sur la sécurité nationale adoptée en juin 2020, sont vagues et trop générales, facilitant une mise en oeuvre abusive ou arbitraire ».

La Chine a adopté une nouvelle législation afin d’assurer la sécurité nationale à Hong Kong, théâtre en 2019 d’imposantes manifestations pro-démocratie inédites depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997.

« Nous soulignons que l’exercice du droit de prendre part à la conduite des affaires publiques, directement et par l’intermédiaire de représentants librement choisis, est un droit fondamental protégé par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui est incorporé dans la loi fondamentale de Hong Kong », a indiqué la porte-parole du Haut-Commissariat.

L’instance onusienne appelle également les autorités de Hong Kong éviter d’utiliser la loi sur la sécurité nationale pour supprimer les droits à la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association.

Le Haut-Commissariat demande également à la Chine et aux autorités hongkongaises de garantir le droit à la liberté d’expression dans le cadre des enquêtes en cours, « notamment en permettant aux journalistes et aux organes de presse d’exercer pleinement et librement leurs fonctions légitimes ».