Dans la banlieue de Beijing, une maison de retraite de luxe est réservée à d’anciens militaires, professeurs d’université, cinéastes.

Les établissements haut de gamme tels que Yanyuan dispose d’un hôpital et de personnel disponible 24h/24. Ces structures devraient se multiplier avec le vieillissement accéléré de la population.

En effet, d’ici à 2050, une personne sur trois dans le pays aura plus de 60 ans, soit 487 millions d’habitants. De plus, la piété filiale est désormais loin, car les parents ne veulent plus faire peser leur avenir sur leur seul descendant.

Pour faire face au vieillissement de la population, le gouvernement a mis en place des politiques fiscales préférentielles pour les prestataires de services aux personnes âgées. Le gouvernement souhaite proposer de 35 à 45 lits pour 1.000 habitants de plus de 60 ans d’ici à 2020, soit près de 8 millions de lits.

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Ces besoins et les nouvelles politiques ont conduit les promoteurs immobiliers et les compagnies d’assurance à investir massivement dans l’hébergement cinq étoiles avec soutien médical professionnel.

À Yanyuan, la maison de retraite est gérée par la compagnie d’assurances Taikang. Les résidents peuvent souscrire au fonds de retraite de la société à hauteur de 2 millions de yuans (254.000 euros) ou verser un acompte de 1 à 2 millions de yuans (127.000 à 254.000 euros). Les frais mensuels s’élèvent à au moins 6.000 yuans (760 euros), nourriture non comprise.

Certaines maisons de retraite publiques peuvent coûter moins de 900 euros par mois ou offrir des subventions aux résidents. Mais elles sont souvent considérées comme un dernier recours pour les plus démunis.

« Que le secteur chinois des soins aux personnes âgées puisse ou non satisfaire aux besoins de la population vieillissante dépend de qui paie », a expliqué Chen Youhua, professeur à l’Université de Nankin à l’Agence France Presse.

D’après ce dernier, si le secteur reste dans le domaine privé, il risque d’y avoir des surplus d’installations, mais « si c’est l’État ou la société qui paie… alors le secteur tel qu’il fonctionne aujourd’hui ne peut pas satisfaire à de tels besoins ».

Ge Ming, responsable des opérations à Yanyuan a expliqué qu’auparavant, la famille vivait ensemble, « mais avec l’urbanisation, la structure (familiale) a changé ». En effet, la piété filiale, chère à Confucius, a depuis des années prit du plomb dans l’aile.

Désormais, la société ou sur le reste de la famille doit s’occuper des personnes âgées, alors que les jeunes travailleurs migrent vers les grandes métropoles à la recherche de salaires plus élevés et de possibilités d’emploi. Ce phénomène des nids vides affecte toute les classes sociales.