Des dizaines d’épouses ont manifesté dans les rues de Shanghai pour que leurs maris rentrent à la maison le soir. Debout sur des canapés, vêtues de leurs pyjamas, elles ont brandi des pancartes s’adressant à leurs propres maris, afin qu’ils passent plus de temps en famille et arrêtent les heures supplémentaires.

Ce mouvement appelé « canapés délaissés« , a eu lieu le 8 août, puis le 16 août, où 40 femmes délaissées se sont réunies, debout sur leurs canapés, protestant contre leurs époux qui font trop d’heures supplémentaires.

Sur des pancartes étaient inscrit pour certaines « pas d’heures sup’« , car elles nuisent à la vie de famille. D’autres femmes brandissaient des pancartes, avec un mot ou une phrase destinés à « traduire leur peine et leur impuissance« , selon Ifeng News.

Il était possible de lire : « Je t’ai préparé ton plat préféré mais tu n’es pas là pour le dîner », « Es-tu au courant que je suis enceinte de quatre semaines ? », « Ton amour pour ton boulot est plus fort que ton amour pour moi », « Je ne veux pas tenir une pancarte, je veux que tu me serres dans tes bras », entre autres.

Avec un contexte économique et social de plus en plus tendu, le temps passé au travail s’accroît au détriment du temps passé en famille. Selon une étude publiée par les autorités, 72,6% des personnes interrogées ont déclaré faire des heures

Le couple traditionnel vole en éclat

Le couple traditionnel vole en éclat

supplémentaires toutes les semaines. Cela prouve pour Ifeng News que « les heures supplémentaires sont devenues le mal de la société, dont tout le monde doit se préoccuper au plus vite ». 

Pour le Professeur Gu Xiaoming, interrogé par Quotidien du Peuple, « les couples de l’ère moderne sont trop occupés au travail pour mener la communication nécessaire avec leur compagnon de vie, c’est le meurtre invisible qui tue le mariage, puisque la taille du compte en banque devient un critère important pour mesurer la réussite, tant pour ceux qui ont déjà une bonne carrière que pour ceux qui sont en train de la construire ».

Toutefois, les mœurs ont changé, désormais les femmes souhaitent que leurs maris rentrent à la maison après le travail et à des heures acceptables. Cette démarche artistique et contestataire vise surtout à « inciter toute la société à réfléchir aux impacts de plus en plus désastreux des heures supplémentaires ».

Ces femmes veulent ainsi « faire remarquer que les personnes qui font de nombreuses heures supplémentaires sont tellement occupées par leur travail qu’elles en oublient pourquoi elles travaillent », note Ifeng News.

D’ailleurs, Li Yinhe, une experte de la question du mariage à l’Académie chinoise des sciences sociales, a expliqué au Quotidien du Peuple, que « les modes de vie des Chinois ont considérablement changé, contribuant à un taux croissant de divorce dans le pays ».

En effet, « la diversification et l’ouverture de la société chinoise avaient également affaibli la stigmatisation sur le divorce« , a souligné Zhai Zhenwu, doyen de l’Ecole de sociologie et d’études démographiques de l’Université Renmin de Chine.

En effet, en 2015, 3,84 millions de couples se sont séparés, soit une augmentation de 5,6% par rapport à 2014, selon les données du ministère des affaires civiles en juillet dernier.