Les habitants du village de Vohilava, à Mananjary, sont descendus dans les rues ce dimanche 21 août pour dénoncer l’exploitation minière effectuée par des entrepreneurs chinois. Les manifestants ont donné 5 jours aux exploitants pour partir, sinon ils ont annoncé qu’ils détruiraient tout.

La principale crainte des habitants est la pollution de la rivière dans laquelle ils puisent l’eau quotidiennement. D’après L’Express de Madagascar, « ces Chinois habiteraient dans un bateau, sur cette rivière et y font leurs besoins ».

Les voix s’élèvent également contre les activités des exploitants chinois sur une carrière de mine d’or située dans la localité. Pour les habitants, « depuis leurs installations ici, l’eau devient insalubre. Ce qui entraîne des impacts négatifs dans l’agriculture et l’élevage », a assuré un manifestant.

Munis de banderoles, les habitants ont exigé le départ des chinois : « nous leur donnons cinq jours, sinon nous allons prendre les mesures nécessaires« , a déclaré l’un des manifestants à la télévision.

Interrogé par la Dépêche de Madagascar, Jean-Henry Tianarivo, maire de Vohilava, a expliqué que « ce délai passé, ils ont promis de tout casser ».  

Ce dernier a expliqué que « tout a commencé dès janvier. Nous avons déposé une plainte auprès des autorités compétentes. En mars, la gendarmerie nationale a déjà fait une descente pour voir de près cette situation. D’ailleurs, l’installation de ces chinois dans notre commune n’a pas été préalablement concertée avec la population« .

En effet, une source citée par Le Matin, a assuré que « ni le maire ni les autorités traditionnelles n’étaient  au courant de l’existence d’un quelconque permis d’exploitation autorisant les étrangers à extraire les ressources minières de la localité« .

Pour Jean-Henry Tianarivo, le projet n’a aucune retombée socio-économique dans la région et pour la population. L’élément déclencheur de cette colère est la découverte de trous dans la rivière. Signe des conséquences néfastes sur l’environnement, le maire a indiqué que « la rivière passant par cette exploitation aurifère est polluée. Des trous apparaissent par ci par là ».

En plus de la détérioration de l’environnement, les habitants se plaignent des dommages causés par l’utilisation de matériels explosifs dans la mine. Sans compter que depuis janvier, les cultures agricoles ont été détruites par le déversement de terres venant de la mine et l’eau potable désormais contaminée a provoqué la mort de plusieurs animaux de l’élevage.

Cette situation rappelle les mouvements de contestations à Soamahamanina et Anosiala, où plusieurs révoltes populaires ont émergé contre les exploitants chinois, obligeant l’ambassadrice de Chine à Madagascar, Yang Xiaorong, à rappeler les règles aux entrepreneurs chinois.