Selon un professionnel du droit canadien interrogé par le quotidien Global Times, Meng Wanzhou, directrice financier de Huawei, ne devrait pas être extradée vers les États-Unis, avant sa comparution devant un tribunal de Vancouver le 14 mai.

Arrêtée le 1er décembre à Vancouver, Meng Wanzhou a déposé une caution de 7,5 millions de dollars dix jours plus tard, afin d’être libérée. Cette dernière ne peut pas quitter le territoire et doit attendre sa prochaine comparution devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique.

Les avocats de la fille du fondateur du géant des télécoms Huawei seraient en mesure de présenter de nouvelles demandes d’audience et de discuter de modifications mineures à sa libération sous caution, d’après le journal The Star à Vancouver, citant la justice canadienne.

Cité par CBC, l’équipe juridique de Meng Wanzhou a indiqué qu’elle allait fournir une feuille de route dans de la cadre de sa stratégie pour les procédures d’extradition.

« Le dossier de l’affaire sera classé, suivi des demandes de la défense concernant les garanties d’une procédure régulière », a déclaré Gary Botting, avocat spécialiste de l’extradition et de défense pénale au Canada, dans un courriel au Global Times.

Certains analystes pensent que Meng Wenzhou sera extradé vers les États-Unis, car dans le cas contraire, la justice canadienne ne commencerait pas la procédure en disant qu’il y avait « des preuves suffisantes« .

Gary Botting a indiqué au Global Times que l’affaire allait être compliquée, car selon lui,le processus engagé est « injuste » et « politique » depuis le début et « donc en dehors de la sphère d’extradition ».

Les justices canadienne et américaine insistent sur le fait que l’affaire Meng est principalement judiciaire et non destinée à contenir la Chine dans les négociations commerciales en cours avec les États-Unis.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a reconnu dans un entretien accordé à CBC Media Media canadien en février que le ministre de la Justice pourrait « devoir prendre une décision politique quant à l’approbation de l’extradition ».

De son côté, Gary Botting a estimé que le ministre canadien de la Justice devrait se poser des questions sur les motivations des États-Unis. « Aucun dirigeant d’entreprise international ne s’attend à être arrêté arbitrairement par une puissance étrangère lors d’une escale pour un vol qui la conduirait dans un pays tiers où elle s’est engagée à promouvoir son produit ou sa marque », a déclaré ce dernier.