L’actuel secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, a déclaré que les Etats-Unis estimaient que la Chine commettait «un génocide» contre les musulmans ouïghours dans la région du Xinjiang.

Mike Pompeo, chef de la diplomatie américaine

«Je pense que ce génocide est encore en cours et que nous assistons à une tentative systématique de détruire les Ouïghours de la part du parti-Etat chinois», a-t-il ajouté, dans un communiqué.

Il a aussi évoqué des «crimes contre l’humanité» menés «depuis au moins mars 2017» par la Chine contre les Ouïghours et «d’autres membres de minorités ethniques et religieuses au Xinjiang».

Cette décision, à l’issue d’un processus juridique interne au département d’Etat américain, pourrait entraîner de nouvelles sanctions. Selon un communiqué de son équipe de campagne publié en août, le président élu Joe Biden avait lui estimé avant son élection que la répression contre cette minorité musulmane constituait un «génocide perpétré par le gouvernement autoritaire de la Chine».

«Les Etats-Unis appellent la République populaire de Chine à libérer immédiatement toutes les personnes détenues arbitrairement et à mettre fin à son système de camps d’internement et de détention, de résidences surveillées et de travail forcé», a assuré Mike Pompeo.

Selon des ONG, plus d’un million d’Ouïghours sont en détention dans des camps de rééducation politique. La Chine dément et affirme qu’il s’agit de centres de formation professionnelle destinés à lutter contre le terrorisme et le séparatisme après des attentats attribués à des Ouïghours.

Depuis deux ans, l’administration de Donald Trump accuse la Chine de mener une campagne de répression brutale au Xinjiang, région autonome du nord-est de la Chine. Mike Pompeo avait estimé en mars 2020 qu’il s’agissait de la pire tache de ce siècle».

Il avait également déjà annoncé plusieurs salves de sanctions contre des responsables chinois. Les accusations concernant le Xinjiang ont été le sujet d’une confrontation de plus en plus dure, ressemblant à une nouvelle guerre froide entre la Chine et les Etats-Unis.

Ce 19 janvier, Washington a exhorté la communauté internationale «à se joindre aux Etats-Unis» dans leur effort «pour que les responsables de ces atrocités rendent des comptes».

«Si le Parti communiste chinois est autorisé à commettre un génocide et des crimes contre l’humanité contre son propre peuple, on ne peut qu’imaginer ce qu’il aura le courage de faire au monde libre dans un avenir pas si lointain», a mis en garde Mike Pompeo.

Le ministre des Affaires étrangères Wang Yi serre la main du secrétaire d’État américain Mike Pompeo en octobre 2018

Pour ce dernier, le bras de fer avec la Chine comme un combat des démocraties contre la «tyrannie».

Cette dernière annonce est un dernier affichage, in extremis, de la fermeté de l’administration Trimp contre la Chine, au moment où les membres du futur gouvernement de Joe Biden, enchaînent les déclarations pour prouver qu’ils tiendront tête à la Chine.

«Nous pouvons remporter la compétition avec la Chine», devait ainsi assurer mardi le prochain secrétaire d’Etat Antony Blinken, au Sénat.

«Nous devons nous attaquer aux pratiques abusives, injustes et illégales de la Chine» en matière commerciale, a ajouté la future secrétaire au Trésor Janet Yellen, reprenant des accusations portées par l’administration Trump.

Un peu plus tard, mardi, le futur secrétaire d’Etat de Joe Bien, Antony Blinken, a dit partager l’accusation de «génocide» perpétré par la Chine contre les musulmans ouïghours. «C’est aussi mon opinion», a répondu ce dernier lors d’une audition parlementaire à un sénateur qui lui demandait s’il était d’accord pour évoquer un «génocide».