Une pétition en ligne, lancée par des internautes chinois, demande à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) d’enquêter sur le laboratoire biologique américain de Fort Detrick.

Au moment de l’écriture de cet article, la pétition comptait 25 019 560 signatures. «La pétition en ligne appelant à une enquête sur Fort Detrick représente l’opinion publique au sens large», a indiqué le journal Global Times, qui a été chargé par un groupe d’internautes chinois d’afficher la pétition sur les médias sociaux.

Selon la pétition, l’enquête doit porter sur l’origine de la COVID-19 et la sécurité du laboratoire. «Le laboratoire biologique de Fort Detrick stocke des virus infectieux dangereux et a enregistré des fuites en 2019 juste avant la pandémie», a précisé le journal.

«La pétition a reçu un demi-million de signatures en 24 heures et un million en 48 heures», a indiqué le Global Times, qui atteste que «le site de la pétition avait subi des cyberattaques de la part de multiples adresses IP américaines alors que les signatures approchaient les dix millions».

Le site de la pétition est https://vote.huanqiu.com/af96c/index.html?sign=false 

L’ORIGINE DU COVID-19 RESTE UNE ÉNIGME

Près d’un an et demi après le début de la pandémie de Covid-19, le monde a peu de réponses sur les origines du virus. Alors que les Etats-Unis demandent avec leurs alliés une deuxième enquête à Wuhan, la Chine met à l’index le centre biomédical militaire de Fort Detrick.

Pour Liang Wannian, ancien directeur de la délégation chinoise de l’équipe conjointe d’experts OMS-Chine, «si certains pays veulent explorer la théorie de la fuite de laboratoire, ils devraient enquêter sur les laboratoires de pays qui n’ont pas déjà fait l’objet d’une enquête comme celle menée à Wuhan».

Une lettre ouverte demandant à l’OMS d’enquêter sur le laboratoire avait recueilli plus de 20 millions de signatures d’internautes chinois. La pétition a été initiée par le quotidien Global Times, qui atteste que son serveur avait depuis été attaqué à plusieurs reprises par des pirates informatiques dont les adresses IP sont aux États-Unis.

Dans une interview accordée à l’agence de presse Xinhua, Stephen Kinzer, ancien correspondant étranger du New York Times, a déclaré qu’une enquête approfondie sur tout ce qui s’est passé à Fort Detrick serait intéressante, «mais difficile à faire accepter pour des raisons de confidentialité».

«Si les États-Unis avaient un jour besoin de développer une arme biologique, elle serait certainement fabriquée à Fort Detrick. C’est le seul endroit possible, car c’est là que se trouvent les scientifiques et toutes les toxines», a déclaré M. Kinzer, chercheur à l’Institut Watson d’affaires internationales et publiques de l’Université Brown.

De son côté, le ministère chinois des Affaires étrangères a demandé à plusieurs reprises l’ouverture d’une enquête sur Fort Detrick. Zhao Lijian, porte-parole du ministère, a déclaré lors de son point de presse le 22 juillet que cette demande ne visait pas seulement à retracer les origines du coronavirus, mais aussi à assurer la sécurité des êtres humains à travers le monde. «Les questions ne cesseront pas tant que la partie américaine n’aura pas fourni d’explication raisonnable», a souligné Zhao Lijian, porte-parole du ministère des affaires étrangères de Chine .

«Jusqu’à présent, les États-Unis sont restés silencieux. En ce qui concerne les recherches sur l’origine du virus, M certains aux États-Unis avaient peut-être mauvaise conscience», a indiqué le porte-parole de la diplomatie chinoise.

Ce dernier a cité un article publié en juin par le magazine américain Vanity Fair sur une mise en garde interne du gouvernement américain contre une enquête sur les origines du coronavirus «susceptible d’ouvrir la boîte de Pandore».

DES PERSONNALITÉS PHILIPPINES DEMANDENT UNE ENQUÊTE SUR LE LABORATOIRE AMÉRICAIN DE FORT DETRICK

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De nombreux universitaires philippins ont lancé une pétition en ligne pour demander à l’OMS d’enquêter sur le laboratoire biologique de Fort Detrick aux États-Unis

Ces derniers souhaitent recueillir suffisamment de signatures pour exhorter l’Organisation mondiale de la santé à enquêter sur ce laboratoire. Le même jour, Adolfo Paglinawan, l’ancien attaché de presse de l’ambassade des Philippines aux États-Unis, a également publié son nouveau livre «Le virus du racisme est incurable», appelant à éviter la politisation sur la question de l’origine des virus, dont le Covid-19.

Le 5 août, de nombreux chercheurs aux Philippines ont organisé un forum en ligne et lancé une pétition de signature, appelant l’OMS à enquêter sur le Fort Detrick Biolab aux États-Unis. Herman Laurel, l’un des initiateurs de la pétition et un commentateur politique bien connu aux Philippines, a déclaré que le laboratoire biologique de Fort Detrick est toujours un mystère.

Ce centre biomédical militaire américain a été fermé en août 2019 en raison de problèmes de sécurité. Herman Laurel a indiqué que Fort Detrick avait reçu l’ordre de fermer après avoir éliminé des « matériaux dangereux censés avoir causé l’étrange ‘maladie du vapotage’ et la ‘grippe étrange’ aux Etats-Unis à cette époque ».

Après cela, la mystérieuse pneumonie de la cigarette électronique est apparue aux États-Unis. Divers signes indiquent que le laboratoire est «très dangereux».

Herman Laurel a estimé que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) devrait enquêter sur l’Institut de recherche médicale sur les maladies infectieuses de l’armée de Terre américaine (USAMRIID) à Fort Detrick, dans le Maryland.

«Ce laboratoire biologique a connu un incident de laboratoire en juillet 2019, ce qui a amené le Centre de contrôle des maladies des Etats-Unis à fermer l’installation en août 2019 en raison de graves violations de sécurité», a-t-il dit.

Selon le commentateur politique, il existe beaucoup de rapports sérieux et crédibles soulevés par des experts de différents pays indiquant des incidences de la COVID-19 sur leurs territoires bien avant la fin de 2019.

«La direction logique est d’élargir le filet de recherche autant que possible afin de faire la lumière sur l’origine du soi-disant patient zéro», soulignent les organisateurs de la pétition, ajoutant que, «à ce jour, Fort Detrick reste un mystère trop dangereux pour être ignoré par les experts de l’OMS».

Cette campagne en ligne, qui a recueilli des centaines de signatures jusqu’à présent, demande également à «certains pays» de cesser de politiser la COVID-19.

L’ancien diplomate philippin à Washington et auteur de livres, Adolfo Paglinawan, a déclaré que la politisation du virus « mène à une guerre de l’information ». Selon lui, certains « s’activent dès le départ pour empêcher la vérité, toute la vérité et rien que la vérité », ajoutant qu’il n’existe « aucun vaccin contre un virus appelé racisme ».

Ce dernier a aussi dénoncé la discrimination raciale contre les Chinois et les Asiatiques en raison de facteurs politiques depuis l’épidémie de Covid-19. L’auteur a estimé que la politique de politisation liée au Covid-19 est elle-même une forme de discrimination et répondant au virus et à l’épidémie nécessite une science, pas la politique.