La Chine lance son 7ème recensement considéré comme la «clé de voûte» dans l’élaboration de politiques liées au développement socioéconomique au cours du 14ème plan quinquennal (2021-25).

Ce « recensement est un grand événement et une enquête majeure sur les conditions et la puissance de base de la nation chinoise. Un bon recensement peut donner une image complète de la taille, de la structure et de la répartition de la population, ainsi que des tendances du changement démographique, en apportant un soutien à l’élaboration des stratégies nationales de développement », a déclaré Ning Jizhe, directeur adjoint de la Commission nationale du développement et de la réforme, lors d’une cérémonie organisée à Beijing pour promouvoir le recensement national.

Des millions d’agents ont commencé en Chine leur porte-à-porte pour dénombrer les habitants, et savoir si l’abandon de la politique « de l’enfant unique » a permis de relancer les naissances. Le recensement est mené tous les 10 ans, mais celle année, les chinois pourront – pour la première fois – transmettre leurs informations via une application mobile afin de simplifier le traitement des données.

En effet, la Chine a promis que «personne ne sera oublié dans le recensement. Par conséquent, l’adoption complète des appareils électroniques et la collecte du numéro de la pièce d’identité des résidents sont les deux réformes qui amélioreront considérablement cette fois l’exactitude des données».

Le précédent recensement effectué en 2010 avait fait état d’une population de 1.339.724.852 personnes. L’augmentation depuis l’an 2000 (+5,83%) avait été de plus de 73 millions d’habitants — soit davantage que la population de la France.

En 2020, Zhai Zhenwu, président de la Faculté de sociologie et d’études démographiques de l’Université Renmin de Chine, également membre du groupe d’experts pour le recensement, a déclaré que « depuis le 6ème recensement national en 2010, la force motrice intérieure et les conditions externes du développement de la population chinoise ont considérablement changé pour atteindre un tournant important. La croissance démographique du pays s’est affaiblie, les fluctuations du nombre de personnes en âge de travailler ont diminué et le degré de vieillissement social s’est approfondi ».

7 millions d’agents recenseurs, qui sont des employés des administrations de quartiers et des volontaires, ont commencé dimanche à collecter les données. Cette opération va durer deux mois de Shanghai à l’est de la Chine, jusqu’aux villages reculés des montagnes du Tibet, au sud-ouest.

Le recensement permettra de mieux appréhender la croissance démographique et les mouvements de population. Il rendra également possible une meilleure répartition des ressources pour l’éducation, la santé, les transports ou encore l’emploi.

L’analyse des résultats devrait prendre deux ans. L’objectif de cette étude sera de déterminer si la fin de la politique « de l’enfant unique » a permis une augmentation significative de la population.

En effet, la limitation des naissances a été lancée à la fin des années 1970 dans un contexte de forte croissance démographique. Mais la Chine a décidé en 2015 d’autoriser tous les couples à avoir deux enfants, sur fond de vieillissement de la population et d’un manque croissant de main-d’œuvre.

«Grâce au recensement, nous pouvons esquisser une image de groupe dynamique de l’ensemble de la population chinoise et guider le développement méticuleux des soins aux personnes âgées et des secteurs médicaux et des soins de santé, ce qui est le point de départ pour améliorer notre vie au cours des 10 prochaines années», a déclaré Zhong Nanshan, expert médical chinois de premier plan et ambassadeur de la promotion du recensement lors d’un point presse.

Le Bureau national des statistiques (BNS), qui supervise le recensement, a promis que tous les renseignements collectés resteront confidentiels et ne seraient pas utilisés à d’autres fins. Le gouvernement a dévoilé, de son côté, un projet de loi sur la protection des données, qui prévoit notamment des peines alourdies pour les contrevenants.