Le militant pro-démocratie Tony Chung, 19 ans, a été inculpé le 29 octobre pour « sécession » à Hong Kong, devenant la première figure politique hongkongaise à faire l’objet de poursuites formelles en vertu de la loi sur la sécurité nationale.

Le jeune homme avait été arrêté le 27 octobre par des policiers en civil, non loin du consulat des Etats-Unis. Il a également été inculpé pour blanchiment d’argent et complot en vue de publier des contenus séditieux.

Placé en détention dans l’attente de sa prochaine comparution en justice le 7 janvier, Tony Chung encourt une peine allant de 10 ans de détention à la réclusion à perpétuité.

« Les Etats-Unis condamnent fermement l’arrestation et la détention » de Tony Chung, a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, appelant les autorités de Hong Kong à le « relâcher immédiatement ».

Tony Chung était un ancien membre de « Student Localism« , un groupe politique aujourd’hui dissous prônant l’indépendance de Hong Kong, région semi-autonome du sud de la Chine.

Ce mouvement a été dissous avant l’entrée en vigueur le 1er juillet de la loi sur la sécurité nationale, adoptée par la Chine pour Hong Kong. Les sections internationales de « Student Localism » sont demeurées actives.

Ce texte de loi très controversé est une réponse à la mobilisation sans précédent de 2019 à Hong Kong. Ce texte autorise les autorités de Hong Kong et de Chine continentale à sanctionner quatre types de crimes contre la sécurité de l’Etat: la subversion, la sécession, le terrorisme et la collusion avec des forces extérieures.

Groupe politique dissout

Aux termes de l’accord de rétrocession passé en 1997 avec Londres, la Chine devait laisser Hong Kong jouir d’une large autonomie jusqu’en 2047 en vertu du principe « Un pays, deux systèmes » garantissant à ses habitants des libertés inconnues dans le reste de la Chine.

Cette loi est jugée liberticide par le mouvement pro-démocratie et les occidentaux. Elle a modifié les libertés de la région administrative spéciale, car l’expression de convictions indépendantistes ou le fait de demander une plus grande autonomie sont désormais proscrits.

Tony Chung et trois autres membres de « Student Localism » avaient été arrêtés fin juillet par une nouvelle unité de la police chargée de faire appliquer cette loi. Ils étaient accusés d’avoir incité à la sécession sur les réseaux sociaux.

Le groupe « Friends of Hong Kong » a publié le 27 octobre, après l’arrestation de Tony Chung, un communiqué dans lequel il affirmait qu’il avait essayé d’organiser, le même jour, l’entrée du militant dans le consulat américain pour demander asile. L’Agence France Presse n’a pas été en mesure de vérifier cette affirmation.

Tony Chung était resté en garde à vue jusqu’à sa présentation à un tribunal le 29 octobre et n’a pas été en mesure de réagir aux informations laissant entendre qu’il voulait demander l’asile. Son contrôle judiciaire ordonné en juillet lui interdit de sortir du territoire hongkongais.