Pour la première fois depuis 2010, l’Église catholique officielle de Chine organise cette semaine sa première assemblée, scrutée de près par le Saint-Siège, au moment Beijing et Rome tentent de se rapprocher.

Cette réunion devrait permettre d’« avancer l’intégration des activités catholiques au sein de la société et de la culture chinoises », a indiqué le ministère chinois des Affaires étrangères.

La IXème Assemblée des représentants catholiques a lieu de ce mardi 27 au jeudi 29 décembre à Beijing, a indiqué la porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Hua Chunying.

« Nous pensons que cette assemblée peut faire avancer l’intégration des activités catholiques au sein de la société et de la culture chinoises« , a indiqué cette dernière.

Cependant, l’assemblée patriotique des catholiques de Chine est une instance non reconnue par Rome, et utilisée par Beijing pour contrôler la nomination des évêques et des pratiquants.

D’ailleurs, cette institution divise les 12 millions de catholiques chinois, entre cette association patriotique, dictée par le Parti communiste, et l’Église non officielle, dont les évêques nommés par Rome sont tolérés mais pas reconnus par Beijing.

Le Vatican n’a pas protesté la tenue de cette assemblée, afin de prouver sa « bonne volonté » à négocier avec les autorités. D’autant que le Vatican n’a pas interdit ses évêques d’y participer, relève le vaticaniste proche du pape Andrea Tornielli sur son blog « Vatican Insider ».

Le Vatican et la Chine négocient actuellement un rapprochement historique. En effet, les deux parties n’entretenaient plus de relations diplomatiques depuis 1951.

Un accord est actuellement en préparation, dans lequel le Pape reconnaîtrait quatre évêques de l’Association patriotique sur les huit qu’il refusait de consacrer jusqu’à présent.

Ce rapprochement ne devrait pas s’accompagner d’un rétablissement des relations diplomatiques. « En ce qui concerne l’Assemblée des représentants catholiques, le Saint-Siège attend de juger sur la base de faits avérés » a noté Greg Burke, porte-parole du Saint Siège dans un communiqué.

Mais « il est certain que tous les catholiques en Chine attendent avec impatience des signaux positifs, qui puissent les aider à avoir confiance dans le dialogue entre les autorités civiles et le Saint-Siège et à espérer en un avenir d’unité et d’harmonie », a-t-il ajouté.