Depuis la création de la Banque Asiatique d’Investissement pour les Infrastructures (BAII), Washington avait fait part de ses réticences vis-à-vis d’une institution capable de concurrencer la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement, créé par ses soins et pour ses intérêts.

Créée par la Chine et officiellement établie le 25 décembre 2015, la BAII a débuté ses activités en janvier 2016, avec actuellement 57 membres et un capital autorisé de 100 milliards de dollars.

Suite à l’élection de Donald Trump à la présidence américaines, Jin Liqun, président de la BAII, a indiqué que « la lettre ‘A’ dans BAII peut représenter l’Asie, l’Afrique ou l’Amérique« . Une remarque détournée qui tend la main aux Etats-Unis, alors que le Canada, est un membre de fondateur de la banque.

Ce dernier a laissé entendre auprès du China Daily, « la possibilité de l’adhésion du pays à la banque, une fois Donald Trump au pouvoir, n’est pas à exclure« . Un vœu, également formulé par le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Geng Shuang.

Ce dernier a fait savoir que ce « serait une bonne chose si les Etats-Unis, la plus grande économie du monde, pouvaient se joindre à la BAII. Nous avons adopté cette attitude depuis le tout début« .

D’ailleurs, « la BAII vise à promouvoir la construction d’infrastructures en Asie et répond à la demande d’investissement concernée. C’est une institution de développement ouverte et inclusive« , a indiqué ce dernier.

 D’ailleurs, Jin Liqun a évoqué lors de son entretien avec le China Daily que lors de la formation de la BAII, « les États-Unis, la base des institutions de Bretton Wood qui manage l’économie mondiale, dont le FMI et la Banque mondiale, ont considéré ce nouvel organisme comme une menace pour sa domination et son importance dans l’ordre économique mondial ».

Cependant, « nous pensons qu’il y a suffisamment d’espace dans le théâtre économique mondial pour que plusieurs organismes fonctionnent, et de nombreuses banques régionales de développement opèrent côte à côte avec la Banque mondiale ; et il n’y a aucune raison pour que la BAII soit le contrevenant. Nous avons plutôt besoin de travailler avec et de bénéficier les uns des autres pour créer un monde meilleur« , a précisé le président de la banque.