Les Taïwanais ont été appelé aux urnes le 28 décembre 2021, afin de participer à quatre référendums pouvant affecter les liens de l’île avec les Etats-Unis ainsi que sa sécurité énergétique.

Le principal parti d’opposition, Kuomintang (KMT), qui est toujours accusé d’être trop proche de la Chine, espèrait que les votes constitueraient une preuve de défiance à l’égard du gouvernement de Tsai Ing-wen.

Les deux référendums les plus médiatisés portent sur l’interdiction de viande de porc contenant de la ractopamine, et sur le déplacement du site d’implantation d’une centrale de gaz naturel liquéfié (GNL) afin de protéger un récif.

Le gouvernement taïwanais a autorisé l’an dernier les importations de porc, afin de favoriser un accord de libre-échange avec les Etats-Unis, où la ractopamine, un additif permettant d’obtenir une viande plus maigre et protéinée, est largement utilisée, montrant ainsi que l’île est un partenaire fiable.

Le gouvernement a également déclaré qu’il déplacerait le site d’implantation d’une centrale de GNL, qui doit lui permettre d’assurer les besoins énergétiques de l’île, afin de minimiser son impact sur un récif.

Un troisième vote portait sur le redémarrage d’une centrale nucléaire, alors que le gouvernement s’est engagé à arrêter d’utiliser l’énergie nucléaire.

Les taïwanais ont rejeté les quatre propositions soumises au référendum, infligeant un revers à l’opposition qui voulait faire du scrutin un vote de défiance à l’encontre du gouvernement.

Le scrutin était organisé alors que la Chine a accentué ses pressions militaires et politiques sur l’île qu’elle considère comme une province renégate. Le KMT espérait que les votes constitueraient une preuve de défiance à l’égard du gouvernement.

Les électeurs ont voté contre ces propositions, comme l’avait recommandé le gouvernement du Parti Démocrate et Progressiste, mais la participation au vote a été faible.

Pour qu’une résolution soit adoptée par référendum, elle doit réunir au moins 25% des voix, soit environ 5 millions. Au final, environ quatre millions de personnes ont voté « non » aux quatre questions, un nombre plus élevé que celui des bulletins « oui ».

Le président de la formation KMT Eric Chu a admis que le résultat du scrutin n’était pas « idéal » et a présenté ses excuses.