Premier partenaire commercial de l’Afrique, la Chine jouerait un rôle majeur dans son industrialisation, par les investissements et le partage de son savoir-faire, a affirmé Mario Pezzini, directeur du Centre de développement de l’OCDE.

Beijing, premier partenaire commercial en termes de partenariat commercial

« Beaucoup de pays ont eu ces dernières années des taux de croissance bien plus importants que dans les pays de l’OCDE. 83 pays ont eu plus que le double du taux de croissance des pays de l’OCDE en 2000 et 2010. Et cela s’explique aussi par le rôle de la Chine » a rappelé Mario Pezzini.

En effet, Beijing est devenu le premier partenaire commercial en termes de partenariat commercial. L’Empire du milieu est aussi le principal partenaire d’autres pays, comme le Chili, le Brésil ou le Pérou.

Dans une interview accordée à l’agence de presse Xinhua, le directeur du Centre de développement de l’OCDE a indiqué que la Chine a réalisé de nombreux investissements en Afrique, elle peut donc « sans aucun doute partager l’expérience qu’elle a mûrie en termes de construction de zones industrielles, ce que la Chine est déjà en train de faire ».

Pour l’économiste, la Chine devient de plus en plus un partenaire en matière de coopération Sud-Sud. « Il y a par exemple un organisme en Chine, basé à Hong Kong, dont un des trois objectifs est de construire des projets dans lesquels il transfert le savoir-faire (chinois) dans la création de zones industrielles ailleurs qu’en Chine, et en utilisant l’expérience de la Chine », a souligné Mario Pezzini.

La Chine, « un partenaire fidèle de l’Afrique pour l’aider à réaliser son industrialisation ».

En décembre 2016, Yao Guimei, chercheuse de l’Académie chinoise des sciences sociales, a rappelé l’objectif de la Chine de rester « un partenaire fidèle de l’Afrique pour l’aider à réaliser son industrialisation ».

Cette déclaration intervient un an après le Forum de coopération sino-africain de décembre 2015. Yao Guimei a indiqué que « l’Afrique fait face à plusieurs défis qui défavorisent le développement de l’industrialisation dans le continent, tels qu’un manque de politiques, la faiblesse des infrastructures dans les secteurs du transport et de l’énergie, et l’insuffisance de professionnels de gestion ».

D’ailleurs, lors du sommet du G20, à Hangzhou, le groupe des 20 pays ont lancé une initiative pour soutenir l’industrialisation en Afrique et dans les pays les moins développés. Les autorités chinoises ont tenu à mettre l’accent sur la volonté du développement autonome de l’Afrique. D’autant que « le continent africain a besoin d’une industrialisation à moyen et long terme », a indiqué la chercheuse.

Lors de ce sommet, le G20 a mis en place un plan d’action pour intégrer le Programme de développement durable à l’horizon 2030 mettant en exergue la coopération internationale, afin de soutenir l’industrialisation des pays africains et des nations les moins développées.

Le secteur manufacturier, enjeu de la coopération sino-africaine

« Le secteur manufacturier représente toujours une part importante de l’investissement des entreprises chinoises en Afrique, mais les produits passent peu à peu de fabriqués en Chine à fabriqués conjointement par la Chine et l’Afrique », selon la chercheuse.

Yao Guimei précise qu’entre 2003 et 2014, les entreprises chinoises ont investi dans 77 projets dans le secteur manufacturier, à hauteur de 13,3 milliards de dollars (11,83 milliards d’euros).

« Les investissements chinois dans le secteur manufacturier de l’Afrique favorisent le transfert d’une meilleure productivité dans le continent, permettant aux pays africains de profiter de nouvelles technologies et de fabriquer et d’exporter des produits industriels », a indiqué cette dernière.

Le gouvernement chinois a d’ailleurs développé des zones de coopération économique et commerciale sino-africaine. « Grâce à ce type de zones déjà établies dans certains pays, dont l’Egypte, la Zambie et le Nigeria, les pays africains peuvent apprendre des expériences chinoises, renforcer leur niveau d’industrialisation et créer des emplois », a expliqué Yai Guimei, chercheuse de l’Académie chinoise des sciences sociales.