La Chine a adopté vendredi des sanctions contre plusieurs ressortissants américains, dont l’ancien secrétaire au Commerce de Donald Trump, Wilbur Ross.

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Ces sanctions sont les premières que la Chine impose en vertu d’une nouvelle loi approuvée le en juin 2021 pour renforcer son arsenal juridique face aux sanctions étrangères.

La Chine a aussi imposé des « contre-sanctions réciproques » aux anciens ou actuels dirigeants de plusieurs organisations telles que l’Institut national démocratique pour les affaires internationales, l’Institut international républicain, Human Rights Watch ou le Hong Kong Democratic Council, basé à Washington. Aucun détail n’a été communiqué sur leur nom, ou la sanction imposée.

Cette décision intervient deux jours jour après l’annonce de la venue en Chine de la numéro deux du département d’État américain, Wendy Sherman, les 25 et 26 juillet, a annoncé le département d’État, sur fond de relations tendues entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales.

Il est prévu que Wendy Sherman, adjointe du secrétaire d’Etat américain Antony Blinken, s’entretienne avec les deux plus hauts diplomates chinois et d’autres représentants du pays à Tianjin, ville située au sud-est de la capitale Pékin.

Dans un communiqué, le département d’Etat américain a indiqué que les discussions programmées en Chine s’inscrivaient dans le cadre « des efforts en cours des Etats-Unis pour avoir des échanges francs (…) afin de faire avancer les intérêts et valeurs des Etats-Unis et de gérer de manière responsable la relation (bilatérale) ».

Les discussions pourraient servir de base à des échanges renforcés entre Washington et Beijing, et peut être aboutir à un sommet entre les présidents Joe Biden et Xi Jinping d’ici la fin de l’année 2021, certainement en marge du sommet du G20 prévu fin octobre en Italie.

Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, cité par l’agence de presse Xinhua, a déclaré que la visite avait été proposée par les Etats-Unis. Il a ajouté que la Chine allait adopter « une attitude ferme » pour protéger la souveraineté, la sécurité et le développement des intérêts chinois, en demandant notamment à Washington de cesser d’interférer dans ses affaires internes.

Les sanctions de la Chine contre Wilbur Ross et d’autres représentants américains font suite aux sanctions imposées par les Etats-Unis contre sept responsables chinois qu’ils accusent de saper l’Etat de droit à Hong Kong et diffusé une mise en garde aux entreprises américaines sur les risques d’opérer dans le territoire.

Les sept responsables placés sur la liste noire du département du Trésor sont des directeurs adjoints du bureau de liaison des affaires chinoises à Hong Kong, qui coordonne la politique de la Chine à Hong Kong, rétrocédée en 1997 à la République populaire de Chine.

Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a accusé ces responsables d’avoir « systématiquement affaibli » les institutions démocratiques de Hong Kong en reportant des élections, en écartant de leurs fonctions des députés élus et en ordonnant l’arrestation de milliers d’opposants à la politique chinoise dans le territoire.

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Pour l’antenne du ministère chinois des Affaires étrangères à Hong Kong, les nouvelles sanctions américaines contre sept responsables chinois et la diffusion de la mise en garde aux entreprises américaines sur les risques d’opérer à Hong Kong sont des actes d’intimidation « extrêmement grossiers » et « extrêmement déraisonnables » avec une « intention méprisable ».

Dans un communiqué, un porte-parole du commissaire du ministère chinois des Affaires étrangères à Hong Kong a fermement condamné les actions américaines, affirmant qu’elles constituaient une ingérence flagrante dans les affaires intérieures de Hong Kong et de la Chine.

« Les inquiétudes (des Etats-Unis) concernant l’environnement commercial de Hong Kong sont fausses; leur tentative de détruire la prospérité et la stabilité de Hong Kong, de mettre en danger la sécurité nationale de la Chine et d’entraver le développement de la Chine est réelle », a-t-il déclaré dans le communiqué.

Ce dernier a souligné que la mise en œuvre de la loi sur la sécurité a « renforcé la position de Hong Kong en tant que centre financier et commercial international », et que les sanctions et pressions américaines ne sont rien de plus qu’un « vulgaire papier » qui n’empêchera pas la Chine de se développer.