Les pays-membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) et la Chine ont signé un communiqué commun dans lequel ils appellent toutes les parties à s’engager à « résoudre les différends territoriaux et juridiques par des moyens pacifiques, sans recourir à la menace ou l’usage de la force », selon les principes internationaux, y compris la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS).

Cette déclaration permet à Beijing de remporter une victoire diplomatique concernant le conflit en mer de Chine méridionale. En effet, les pays de l’ASEAN, soutenue généralement par les représentants de la diplomatie américaine, n’ont pas pu s’opposer frontalement à la Chine, préférant se rallier à sa volonté de dialogue entre les parties concernées, sans ingérence extérieure.

Pied de nez pour John Kerry, qui milite depuis des années pour que les pays de l’Asean (Birmanie, Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande, Vietnam) adoptent une position commune face à la Chine, de préférence proche de celle de son gouvernement.

Toutefois, les pays membres préfèrent tempérer leurs prises de positions, répétant toutefois qu’ils sont « gravement préoccupés » par les « revendications territoriales et la multiplication des activités » dans la région et appellent à la « retenue » dans les voies navigables stratégiques.

Ce communiqué rejoint celui du mois dernier. Après avoir eu des propos plus tranchés envers Beijing, les autorités malaisiennes avaient publié un nouveau communiqué dans lequel ils attestaient la nécessité de « maintenir et promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité dans la région, tout comme à la résolution pacifique des différends, dont un plein respect pour les procédures juridiques et diplomatiques, sans recours aux menaces ou utilisation de la force ». 

Mais cette fois-ci, « nous devions sortir une déclaration. (…) Nous ne voulions pas que le monde dise que l’Asean est sens dessus dessous », a expliqué un diplomate anonyme à l’Agence France Presse. D’autant plus qu’il y a 4 ans, les réunions de l’ASEAN, présidées par le Cambodge, s’étaient achevées sans communiqué commun en raison de désaccords sur la mer de Chine.

Suite à la parution du communiqué commun, le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, a nuancé ses déclarations, plaidant pour « un système international fondé sur des règles protégeant les droits de tous les pays, qu’ils soient grands ou petits ».

Ce dernier a préféré taire ses accusations de « provocations » et de « militarisation » par Beijing des îles disputées devant ses hôtes de l’ASEAN. Il s’est plutôt félicité de la « relation bilatérale la plus importante dans le monde » et que son pays et la Chine « réussissent à gérer leurs différences », lors de son entretien avec son homologue chinois Wang Yi.

De leurs côtés, les membres de l’ASEAN ont plaidé pour l’établissement d’une hotline parmi les ministres des affaires étrangères afin de mieux gérer les urgences concernant la zone disputée. Elle a aussi souhaité la mise en œuvre globale du Code pour les rencontres maritimes imprévues, un accord visant à réduire les conflits et les interventions militaires.