Le gouvernement a annoncé ce 31 juillet, la suspension à partir du 1er août de laissez-passer aux touristes individuels en Chine, souhaitant se rendre à Taïwan.

Cette décison pourrait porter atteinte à l’économie de l’île, où les touristes chinois sont nombreux et consomment tout autant. Le ministère chinois de la Culture et du Tourisme a indiqué que la mesure avait été prise «en raison des relations actuelles entre les deux rives».

Le gouvernement chinois a permit aux habitants de 47 villes de demander des laissez-passer pour se rendre à Taïwan en tant que touriste individuel. Auparavant, les chinois devaient obligatoirement faire partie d’un groupe.

Le ministère n’a pas mentionné les voyages en groupe vers Taïwan, laissant entendre qu’ils pourraient toujours être organisés. D’autant plus qu’ils sont très prisés des seniors.

« Avec cette mesure (de suspension), Pékin espère retourner les professionnels (taïwanais) du tourisme, des voyages et de la restauration contre la présidente », déclare à l’Agence France Presse, J. Michael Cole, un spécialiste de Taïwan à l’université de Nottingham (Angleterre). »On peut s’attendre à l’espoir d’une reprise (des voyages) si Han Kuo-yu est élu en janvier », a ajouté ce dernier.

Les tensions sont fortes depuis l’arrivée au pouvoir en 2016 de la dirigeante, Tsai Ing-wen, qui refuse de reconnaître le Consensus de 1992. En ciblant le tourisme, Beijing veut frapper l’économie taïwanaise et déstabiliser Tsai Ing-wen alors que celle-ci espère être réélue lors de la prochaine présidentielle, en janvier 2020.

Face à la mésentente entre les deux parties, Pékin a stoppé ses communications officielles avec Taipei, s’est allié avec les pays amis de Taïwan et a multiplié les manœuvres militaires près du territoire.

De son côté, le bureau du Tourisme à Taïwan a dit « déplorer » la suspension des voyages, espérant leur « reprise rapide », arguant qu’ils « ne devaient pas être entravés par des facteurs politiques ».

« Taïwan ne cédera pas à cette pression politique et ouvrira grands les bras à un plus grand nombre de touristes en provenance d’un plus grand nombre de pays », a dénoncé le Parti démocratique progressiste (PDP) dans un communiqué, fustigeant « le régime autoritaire » du gouvernement chinois.