Le parlement roumain a approuvé une loi visant à réglementer les réseaux et infrastructures de télécommunications, ce qui pourrait exclure le géant chinois des télécommunications Huawei de l’accès à ses futurs réseaux mobiles 5G.

Les entreprises de télécommunications devront obtenir une «autorisation» du Conseil suprême de la défense (CSAT) de Roumanie, pour fournir des technologies, des équipements ou des logiciels aux infrastructures de télécommunications d’intérêt national et aux réseaux 5G, a indiqué la nouvelle loi.

Le projet de loi sur la construction du réseau 5G a été adopté par le Sénat, le 19 mai, et a été promulgué par le président Klaus Iohannis, qui est également président du Conseil de défense. Une fois la nouvelle loi entrée en vigueur, la Roumanie pourrait lancer les enchères autour des licences d’accès au réseau 5G du pays.

De son côté, la Chine s’est dite fermement opposée à l’exclusion de tout pays ou entreprise par le biais de normes non techniques et de termes discriminatoires, ainsi qu’à l’abus du concept de « sécurité nationale » pour saper le principe de concurrence loyale et l’esprit de l’État de droit.

Le porte-parole de l’ambassade de Chine en Roumanie a réagit après la promulgation le 7 juin par le président roumain de la loi sur la 5G. «Nombreuses sont les personnes en Roumanie qui pensent que bien que la loi ne mentionne pas les entreprises chinoises, elle exclut de fait les entreprises chinoises d’une participation à la construction du réseau 5G de la Roumanie», a indiqué le porte-parole.

Ce dernier a indiqué que «la Chine respecte le droit de la Roumanie à légiférer sur la cybersécurité, mais elle est également très préoccupée par la question de savoir si les entreprises chinoises sont en capacité d’obtenir un environnement commercial équitable, juste, ouvert et transparent dans le pays».

Cependant, «juger la cyber-sécurité indépendamment des normes de l’industrie et des normes techniques va à l’encontre du bon sens scientifique, et nie les principes de l’économie de marché et de la concurrence loyale», a déclaré le porte-parole.

Ce dernier a souligné qu’« il s’agissait d’une discrimination politique et d’un comportement répressif typiques », car il abuse du concept de « sécurité nationale » pour exclure des pays et des entreprises spécifiques.

«Nous appelons la partie roumaine à respecter fermement l’esprit de l’État de droit, à traiter les entreprises chinoises de manière équitable, juste et non discriminatoire, et à prendre des mesures concrètes pour préserver la situation globale de coopération pratique entre les deux parties» a déclaré le porte-parole.

Ce dernier a mit en exergue que la Chine continuerait de protéger fermement les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises.

Le projet de loi roumain découle d’un mémorandum américano-roumain de 2019 en vertu duquel les deux gouvernements avaient déclaré que «dans le cadre d’une approche de sécurité basée sur les risques, une évaluation minutieuse et complète des fournisseurs de 5G est nécessaire», avec ceux contrôlés par un gouvernement étranger et dépourvus d’une structure de propriété transparente exclue.