jeudi, juillet 25

Tournant dans l’orientation de la politique macroéconomique de la Chine

La réunion du Politburo à la fin du mois de juillet a marqué un tournant dans l’orientation de la politique macroéconomique de la Chine, selon la Deutsche Bank.

Selon la banque allemande a indiqué le 31 août que les annonces politiques au cours du mois de juillet sont passées par deux étapes : l’orientation politique globale axée sur les réformes structurelles dans la première et des mesures contracycliques concrètes dans la deuxième étape.

Les politiques de la première étape auront un impact à plus long terme, tandis que celles de la deuxième étape apporteront un soutien plus immédiat à l’économie à court terme, a déclaré la banque.

Concernant les perspectives, la Deutsche Bank pense que les annonces potentielles de politique fiscale et de politique du secteur immobilier seront cruciales pour la croissance de la Chine pendant le reste de l’année.

En juillet, le Politburo a mit en avant plusieurs points clés orientant la politique économique de la Chine au second semestre 2023 mais qui laisse de nombreuses questions en suspens.

Des mesures macroéconomiques pour relancer l’économie

Le Politburo a préconisé une politique budgétaire « proactive », une politique monétaire « prudente », une monnaie stable, des marchés de capitaux plus dynamiques, des mesures visant à améliorer la confiance des entreprises et des consommateurs, mais aussi à prendre en compte les risques financiers croissants.

Concernant le budget, le gouvernement a prévu des réductions d’impôts et de taxes, ainsi que des émissions d’obligations spéciales des gouvernements locaux, qui financent généralement des infrastructures. Le Politburo a appuyé les prévision d’un soutien monétaire limité de la banque centrale.

Lutter contre la crise immobilière

Le Politburo a supprimé une phrase clé de son compte rendu de sa réunion d’avril, qui citait le président Xi Jinping disant que « les maisons sont faites pour y vivre, pas pour spéculer », ce qui a déclenché un rallye sur les actions des promoteurs en difficulté.

Alors que les marchés s’attendent à un nouvel assouplissement de la réglementation du marché immobilier, le Politburo privilégie une approche locale, « basée sur les villes », plutôt que des changements à l’échelle nationale, tandis que son appel à des logements « plus abordables » suggère un investissement de l’Etat dans de nouveaux projets, selon certains analystes.

L’endettement des gouvernements locaux

Le Politburo a déclaré que la Chine allait formuler « un ensemble de plans » pour résoudre les risques liés à la dette des gouvernements locaux. Certains économistes estiment cette dette à plus de 9.000 milliards de dollars.

La prise de position des dirigeants a été jugée plus constructive que l’engagement pris lors de la réunion d’avril de « freiner catégoriquement toute nouvelle dette cachée ». D’ailleurs la banque d’affaires Goldman Sachs a estimé que la dette publique chinoise s’élèverait, en tenant compte des dettes cachées, à 23 000 milliards de dollars (21 500 milliards d’euros), soit 126 % du PIB, bien davantage que les 77 % annoncés officiellement…

Depuis l’éclatement de la bulle immobilière en 2021, qui était la principale source de revenus de nombreuses villes, les ventes aux enchères de terrains se sont raréfiés, et les investisseurs chinois attendent depuis plus de clarté sur la manière dont seront résolus les problèmes de financement des collectivités locales.

Les propositions des économistes vont de l’échange de dettes contre des actions, à une restructuration à des taux plus bas et à des échéances plus longues, en passant par des renflouements par Pékin. Cependant, ils attestent qu’une stratégie officielle et une intervention de l’Etat apaiseraient les marchés.

La consommation des ménages, un axe majeur

Le Politburo a réaffirmé sa volonté de faire de la consommation des ménages un moteur essentiel de la croissance. Dans le cadre de sa transformation économique, la consommation d’automobiles, de produits électroniques et d’articles ménagers devraient être stimulés. Tandis que le tourisme, le sport, les loisirs et la culture seraient également mis en avant.

Le gouvernement a évoqué des aides au secteur automobile vert, mais pas de bons de consommation ou d’autres mesures directes destinées à soutenir le revenu des ménages. Or pour de nombreux économistes, le soutien à la consommation passe d’abord par des subventions aux fabricants plutôt qu’aux consommateurs.

L’emploi : un sujet d’inquiétude

Le Politburo a déclaré que des efforts devraient être entrepris pour « stabiliser l’emploi dans une perspective stratégique », ce qui indique que les dirigeants chinois s’inquiètent des risques d’instabilité sociale posés par un marché de l’emploi atone.

Les décideurs politiques souhaitent que le secteur privé reprenne confiance et commence à investir, créant ainsi des emplois alors qu’environ 20% des jeunes sont au chômage.

Les fonctionnaires s’efforceront également d’améliorer la situation de l’emploi pour des groupes clés tels que les diplômés de l’enseignement supérieur et les travailleurs migrants.

Les autorités concernées devront améliorer l’offre d’enseignement professionnel et en optimisant la capacité des universités et des établissements d’enseignement supérieur à répondre à la demande du marché, entre autres mesures.

En 2023, le nombre de diplômés de l’enseignement supérieur devrait atteindre un peu moins de 12 millions. En décembre 2022, le taux de chômage recensé parmi les personnes âgées de 16 à 24 ans dans les zones urbaines de Chine était d’environ 16,7%.

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